l’accord Avenir 2008-2012 La Hague est approuvé

Avec réserves en accord avec les syndiqués CGT du site
vendredi 9 janvier 2009
par  Coordonnateur
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Lors des différentes réunions du « grenelle du dialogue social », la CGT avait affirmé sa volonté d’un travail constructif, tourné vers l’avenir. Cette démarche, sans pour autant que nous fassions table rase du passé, nous paraissait indispensable pour que les salariés ne fassent pas les frais des tensions vécues en 2007. Nous ajoutions également que l’amélioration du dialogue social à la Hague ne saurait être à sens unique, sous peine de conduire à l’échec.

Cette volonté de notre part s’est traduite, au cours de plusieurs mois de négociations, par un travail de fond et des propositions concrètes de la CGT de nature à donner aux salariés et à l’établissement, les outils indispensables pour aborder l‘avenir de manière plus sereine. Les 900 départs en retraite des prochaines années et les 1800 mobilités envisagées méritaient en effet que l’on y travaillât de manière sérieuse.

Le texte d’accord proposé aujourd’hui à la signature des Organisations Syndicales, s’il ne répond pas à toutes nos demandes, comporte des points fondamentaux qui méritent d’être soulignés.

Les instances représentatives du personnel gardent toutes leurs prérogatives. Par rapport à l’accord de méthode proposé en 2005, qui verrouillait les instances sans même leur donner de visibilité sur l’avenir de l’entreprise, c’est une amélioration considérable. La CGT note que la direction s’engage par ailleurs à fournir des informations indispensables à un travail efficace des élus.

L’apparition d’une Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences, à l’initiative de la CGT et malgré les réticences initiales de la Direction, représente une amélioration notable par rapport aux pratiques en cours jusqu’ici. En effet, aucune GPEC négociée n’existait jusqu’ici sur la site de la Hague. La mise en œuvre sur le site des travaux de l’observatoire des métiers du groupe ainsi que le développement des parcours de professionnalisation, constituent un outil de pérennisation des emplois de l’établissement. Les engagements demandent maintenant à être mis en œuvre de façon concrète.

Concilier les souhaits du salarié, que ce soit en termes de reconnaissance, d’évolution de carrière ou de rémunération, et les nécessités opérationnelles de l’entreprise n’est pas une tâche facile. Elle a été jusqu’ici trop négligée au profit d’une gestion au coup par coup incompatible avec une vision à moyen et long terme.

Le volet mobilité de l’accord, s’il ne saurait tout régler, comporte cependant des dispositions de nature à rendre le système moins sclérosé à l’avenir, pour peu, une fois encore, que la mise en œuvre soit à la hauteur des espoirs suscités.

La CGT note en outre que les dispositions financières relatives à la mobilité sont significativement plus favorables que celles de l’accord d’entreprise et des textes proposés à la signature des Organisations Syndicales ces dernières années.

Le tableau dépeint jusqu’ici pourrait laisser penser que l’accord Avenir 2008-2012 la Hague ne présente que des axes de progrès.

C’était, dès le départ, le souhait de la CGT qui avait demandé, à plusieurs reprises, d’une part que les incommodités ne soient pas incluses dans ce texte, d’autre part qu’elles fassent l’objet d’une négociation au niveau national, dans la mesure où les sites d’AREVA NC sont confrontés à des problématiques similaires.

Le refus de la Direction de séparer les accords est un point négatif qui suscite les plus vives réserves de la CGT.
S’il est patent, au vu des dispositions unilatérales déjà prises il y a plusieurs mois dans certains secteurs, que la Direction a la volonté de remettre en cause les niveaux d’incommodité, vouloir acter cette remise à plat dans un accord dont le principal objet est de préparer un avenir durable au site n’est pas opportun.

Certes, la mise en place d’une commission réunissant Direction et Organisations Syndicales peut sembler être un point d’appui au dialogue social à la condition expresse que les revendications des salariés soient écoutées et entendues.

En cela, le texte présente à nos yeux trop de zones d’ombres et pas de garanties quant à une réelle reconnaissance de l’ensemble des incommodités, y compris des nouvelles, subies par le personnel. Cet aspect suscite, pour la CGT, les plus grandes réserves.

Pour autant, compte tenu de la volonté affirmée de la Direction de revoir le système des cotations, fut-ce unilatéralement, la CGT considère que laisser l’entière initiative de la remise à plat des incommodités à la Direction, avec un résultat qu’il est aisé de deviner, comporte plus de risques que d’avantages pour les salariés.

La CGT réaffirme sa demande d’une négociation nationale sur les incommodités, dans laquelle tous les aspects seraient abordés, à partir du poste de travail et de son évolution, qui peut être, cela est souvent occulté, négative pour le salarié.

Comme nous le disions au début de cette déclaration, l’ensemble du syndicat CGT, militants et syndiqués, s’est fortement investi dans les négociations pour que l’Accord Avenir 2008-2012 la Hague apporte des améliorations pour les salariés et offre à l’Etablissement l’occasion de construire l’avenir au lieu de le subir.
Au-delà des mots et des déclarations d’intention, il reste maintenant à mettre en place les outils de cette construction, de manière concrète.