Les syndicats du groupe seront dans l’action

A Mâcon la CGT en pointe du combat
lundi 26 janvier 2009
par  Coordonnateur
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Une participation nombreuse à la manifestation, des débrayages sont attendus dans tout AREVA. Des préavis nationaux ont été émis, repris localement dans les différentes entités du Groupe.
69% de la population exprime son soutien aux actions prévues, chez AREVA aussi. Ci dessous l’expression du syndicat AREVA TD de Mâcon qui traduit la tonalité générale du mouvement qui monte en puissance.

« Qu’attendez-vous de moi, que je vide des caisses déjà vides ?
Nicolas SARKOZY
Le 8 janvier 2008

Répondant à une question sur le pouvoir d’achat lors de la présentation de ses vœux à la presse en janvier 2008, le président de la République avait répondu sèchement : « Qu’attendez-vous de moi, que je vide des caisses déjà vides ? »
Ainsi il n’y aurait pas d’argent pour les salaires, les retraites, les minimas sociaux, la protection sociale, les hôpitaux, l’école.
Mais en quelques heures, comme par magie, le même président est capable « de lever » des centaines de milliards d’euros pour « soutenir les banques » et quelques autres milliards encore pour soutenir les industriels de l’automobile, qui malgré les apparences et ce que veulent bien nous faire croire les médias, ne donneront aucune contrepartie à l’Etat.
Au contraire les constructeurs français allongent la liste de leurs doléances, pour ne pas dire revendications, en réclamant l’allégement des cotisations sociales, de la taxe professionnelle, etc.
Bref des recettes pour le pays qui sont justement ces fonds publics dont ils viennent de bénéficier…
Quand à l’emploi, rien sur les milliers de salariés intérimaires qui se sont vus mettre dehors depuis le démarrage de la crise.
Les médias conciliants « oubliant » de préciser que Renault distribuera à ces actionnaires des dividendes 2008 en augmentation de 50% par rapport à 2007, et passant sous silence le coût de « la petite croisière » dans les Caraïbes que viennent d’offrir la direction de Renault à 164 privilégiés pour un montant de 820 000€, soit l’équivalent de 23428 journées de chômage partiel.

Des exemples comme celui-ci nous en avons des dizaines. Et encore s’agit-il seulement de ceux que nous connaissons.

Mais l’indécence ne s’arrête pas là.
Décidément très « en forme » les veilles de 1er de l’an, le Président de la République s’est encore laissé aller à une nouvelle provocation dont il est passé maître.
Le 31 décembre dernier en adressant ses vœux au Français, celui-ci a déclaré :
« Qu’il fallait que les français se retroussent les manches et travaillent encore plus. »

Ainsi au moment où des dizaines de milliers de précaires sont virés des entreprises, où les plans de licenciements tombent par milliers à travers tout le pays, notamment dans l’industrie, au moment où des centaines de milliers de travailleurs sont au chômage partiel et voit leurs revenus déjà modestes, amputés par ces mesures, il nous demande de travailler plus !
Au passage notons une nouvelle fois l’impacte positif des 35h, qui aujourd’hui dans bien des entreprises sont utilisés par les directions pour pouvoir sursoir à la baisse d’activité. C’est d’ailleurs le cas dans notre établissement.

On croit rêver à entendre de tels propos. Mais malheureusement il ne s’agit d’un rêve, mais de la réalité…
Au diapason de son chef de fil, le gouvernement lui emboîte le pas.

Des sans abris meurent de froid mais, pour la ministre du logement, ils en sont responsables parce qu’ils ne veulent pas être contraints à la promiscuité des dortoirs d’urgence. Et elle fait sanctionner financièrement d’une amende de12 000€ l’association droit au logement pour avoir installé des toiles de tentes sur la chaussée…

Un malade meurt faute de place et de moyens dans les hôpitaux mais, selon la ministre de la santé, ce sont ces personnels, ces urgentistes qui tirent la sonnette d’alarme depuis des semaines, qu’il faudrait mettre en cause.

On pourrait ajouter Xavier Bertrand, ex ministre du travail, qui lui n’a pas autre chose à faire face aux souffrances du pays que de s’attaquer au repos dominical (dont nous reparlerons bientôt), au Code du travail, et à reculer l’âge à la retraite à 70 ans (sujet sur lequel nous reviendrons également prochainement).

C’est devenu une règle pour ce gouvernement : Il provoque des drames par son ultralibéralisme mais il ne s’en reconnait jamais coupable ni même responsable.

Ils ont imposé l’entière liberté des capitaux, ont fait des marchés financiers le grand régulateur de nos vies, ont fait repasser par la fenêtre le traité ultralibéral européen que les français avaient rejeté par référendum.
Mais tout ce qui se passe aujourd’hui n’est pas de leur faute !

C’est dans ce contexte de tension sociale extrême que la CGT a pris l’initiative de proposer il y a déjà plusieurs semaines à l’ensemble des organisations du pays le principe d’une journée nationale d’action interprofessionnelle.

D’ailleurs des signes de nervosités gagnent le gouvernement et le Medef.

Qu’est ce qui les effraie autant ?
L’annonce d’une puissante journée de mobilisation qui va unir salariés du privé, du public, les étudiants, les chômeurs, les retraités ?
Oui probablement.

Mais plus encore c’est le fait que tous les syndicats qui appellent à cette journée le fassent sur la base d’une véritable plate forme revendicative commune et alternative qui va de l’emploi au pouvoir d’achat, jusqu’à l’exigence de réglementation financière internationale.

Ce fait est tout simplement HISTORIQUE !

Car il faut dire les choses clairement : La colère et la révolte, bien que nécessaires, ne suffiront pas.
Il faut dire, affirmer, ce qui doit changer. Il faut se rassembler en faveurs d’autres choix, d’autres orientations jusqu’à les rendre incontournables. Sinon, les mêmes logiques destructrices reprendront le dessus.

Pour la CGT le 29/01 est une étape dans la construction d’un mouvement durable.

Dans notre usine, comme dans la plupart des entreprises où la CGT est implantée, nous avons pris l’initiative d’une rencontre intersyndicale. Celle-ci a eu lieu mardi 20/01. Lors de cette réunion nous avons exposé les objectifs que nous visions pour cette journée d’action.

1- Créer les conditions pour une forte participation à la manif locale prévue à 15h à Mâcon.

2- Marquer la mobilisation dans l’établissement en faisant partir le cortège de l’usine.

3- Créant la possibilité d’aller à des arrêts de travail en tenant compte du fait que si le 29/01 est réussi il va falloir très vite se remobiliser. Donc pour nous l’obligation de gérer les heures de grève, qui sont l’argent des salariés, avec responsabilité. Nous appellerons à 2h20mn de grève, les modalités vous seront communiquées lundi.

4- De faire le lien avec la situation de l’établissement et la situation industrielle actuelle. Nous avons donc proposé que soit ressorti des cartons la banderole unitaire confectionnée en décembre 2004.

La CFE-CGC a indiqué qu’elle était favorable à toutes ces propositions. Sud, après un long débat, s’est finalement rallié à nos propositions.

Pour la CGT, TOUS les salariés seront appelés à l’action le 29/01, y compris les intérimaires et les CDD qui sont les premiers à payer la crise actuelle, comme on le voit d’ailleurs malheureusement bien dans notre usine.