Le financement du groupe en question, l’Etat doit assumer

Risque pour un bien public, sacrifices pour les salariés.
lundi 2 mars 2009
par  Coordonnateur
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La publication des résultats 2008 d’AREVA atteste du bien fondé des positions de la CGT exigeant de l’Etat actionnaire un complément de capitalisation vital pour les besoins de financement, notamment pour les
investissements au regard des limites d’endettement. Le résultat net en baisse de plus de 20 %, malgré un carnet de commandes en hausse continue traduit bien que le Groupe AREVA est à la croisée des chemins, et que des réponses concrètes de l’Etat actionnaire doivent être apportées impérativement dans les mois qui viennent.

La croissance du groupe qui reste favorable dans tous ses secteurs d’activités, ses résultats toujours positifs (malgré le retard sur l’EPR Finlandais), depuis 2002, suscite l’appétit de groupes privés qui n’ont pas caché leur intention de prendre place dans la gouvernance. Le choc occasionné par le départ provoqué de SIEMENS d’AREVA NP souligne les
incohérences de l’Etat vis‐à‐vis de la politique de dividendes « éloignée des trois tiers » et des besoins imminents d’AREVA, l’appel contredit par les faits « à une politique industrielle européenne » et le « soutien proclamé à
l’économie » qui ne semble réservé qu’à la finance.

Les observateurs auront remarqué dans les comptes d’AREVA la part déterminante et contributive de chaque composante du groupe dans la bonne tenue de la profitabilité, qui bien que plombé par l’effet Finlande, atteste des potentialités du groupe et des efforts collectifs produits par les salariés en France, en Europe et dans le monde dans ce contexte de crise. L’évolution prometteuse pour le groupe d’une reprise mondiale du nucléaire en lien avec la réduction de l’effet de serre et la satisfaction des besoins énergétiques demande un effort important d’investissements.

Décidés au Conseil de Surveillance d’AREVA il y à un an dans le cadre d’un plan stratégique, ils auraient dus infléchir et faire préciser en toute clarté les choix de la tutelle : sur la capitalisation, la stratégie industrielle et sociale, la politique de dividendes.

La somme colossale des provisions passées pour OL3 dont les montants sont enfin communiqués, la prévision des débours pour le rachat de la part SIEMENS, le rythme soutenu des investissements, le niveau élevé des dividendes versés ont eu raison d’une trésorerie saine et compromettent l’équilibre du groupe. Sont remis en selle en les amplifiant l’austérité sociale, la dégradation des conditions de travail, la pression sur les sous‐traitants, pour ne préserver que les seuls intérêts financiers immédiats.

Ce sont les conséquences, inacceptables pour la CGT, du plan d’économie annoncé qui porte en fait sur 900 millions d’euros, une première pour le Groupe. Les montages financiers hasardeux, les approches industrielles approximatives de l’urgence sont relancés. La recherche de financements des investissements par la cession d’actifs, interroge sur d’éventuelles considérations nouvelles de l’Etat à l’égard de ce qu’il considérait jusque là comme stratégique : ERAMET, STMicro… C’est en ces temps de crise
financière, faire fi de la valeur des biens, des engagements pris, pour les offrir à vil prix au marché financier sans tenir compte des conséquences pour les salariés concernés.

La CGT dénonce les conditions du vote des investissements qui traduisent des options d’augmentation de capital, tout en dédouanant l’Etat de sa responsabilité. Il faut s’attendre à l’introduction de plus de capitaux privés qui
préludent d’une confiscation plus vaste du patrimoine public. Aussi, compte‐tenu de cette situation, la CGT s’oppose à la distribution de dividendes à l’Etat.

Face à ces contradictions la CGT ne restera pas inactive. Nous réaffirmons, la nécessité d’un pôle public de financement, la défense du modèle intégré d’entreprise constitué par AREVA, sa gouvernance et son caractère public qui doit être placé sous contrôle citoyen. Nous dénonçons les risques induits pour la responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise, et réclamons un véritable contrat social préservant l’intérêt des salariés.

Le 19 Mars les salariés du groupe sauront rappeler leurs exigences.