Rachetés pour être vendus, les salariés résistent toujours

De reculs, en concessions le groupe sera contraint à être socialement responsable
mercredi 18 mars 2009
par  Coordonnateur
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En septembre 2006, AREVA annonçait son grand retour en fanfare dans le bassin d’emploi du Creusot Montchanin par le rachat du groupe SFARSTEEL composé de quatre sociétés : Creusot Forge, Creusot Mécanique, SFAR et CIVAD. Mais, dès l’acquisition du groupe par AREVA, la CGT s’était inquiété du devenir et des projets d’avenir pour SFAR et CIVAD. Car ces deux sociétés avaient souffert d’un manque cruel et flagrant d’investissements dans les années passées. Les réponses apportées par les dirigeants étaient plus que rassurantes. D’ailleurs, un courrier de bienvenue avait été envoyé à chaque salarié. Mais en décembre 2007, coup de tonnerre et changement de ton avec l’annonce par AREVA de son intention de se séparer de SFAR et CIVAD.

La CGT avec l’appui des salariés a dénoncé avec force ce projet irréaliste et c’est opposé avec force à ce démantèlement annoncé. Les raisons invoquées, notamment que SFAR et CIVAD ne sont pas dans le cœur de métiers d’AREVA sont totalement fallacieuses : pourquoi ?

  • Des pièces de nucléaire sont et seront encore usinée à Montchanin( jusqu’en 2010). Ensuite, elles seront sous-traitées en dehors du groupe !
  • Le personnel possède donc toutes les compétences pour fabriquer du nucléaire !
  • Le marché de fabrication des futurs EPR est explosif car l’objectif pour AREVA est de fabriquer dans l’avenir jusqu’à 2 EPR par an ! AREVA souffre d’ors et déjà d’un manque de place et de compétences ! Cette décision est donc non seulement injuste, mais aussi déconnectée de la réalité du terrain et des perspectives d’avenir ! La CGT trouve inconcevable de se priver d’un tel espace et de telles expériences !

Pour protester devant de telles manœuvres, de nombreuses actions ont étés menées :

  • Lettre ouverte à Monsieur Luc OURSEL, responsable d’AREVA NP, démontrant la volonté de l’ensemble de personnel de rester au sein du groupe AREVA. Rencontre avec Anne LAUVERGEON, présidente d’AREVA,
  • Grèves, manifestations en ville mais aussi devant AREVA Saint Marcel et Creusot Forge.
  • Envoi à la direction d’AREVA de demandes de mutation (80% du personnel)

Malgré cela les salariés se sont trouvés confrontés à la mauvaise volonté d’AREVA pour maintenir les sites au sein du groupe. Le rapport du Cabinet d’experts SYNDEX demandé par les organisations syndicales, faisait la démonstration de pistes plus que réalistes (notamment le regroupement sur un seul site) pour investir sur les sites et un maintien des deux entreprises dans AREVA. La demande d’une étude précise et en profondeur de la piste de la sous-traitance de pièces de nucléaires fabriquée sur tous les sites français, ont été demandés.

Il suffirait de 30000 heures pour pouvoir maintenir une activité dans le site de la rue de la Paix avec 100 personnes. Mais AREVA a refusé avec obstination de creuser davantage ces pistes. Les 10000 heures de fabrication de nucléaire actuellement en usinage dans l’atelier d’Henri Paul, seront supprimée en 2010 et faites, soit à Creusot Mécanique ou bien sous-traitées à l’extérieur, ce qui est une aberration totale !

Autre contradiction totale des responsables d’AREVA : l’emploi. Etait-il normal de faire un énorme tapage dans la région en claironnant haut et fort des perspectives de plus de 1000 emplois dont 500 dans le groupe en Saône et Loire (et 500 pour les sous-traitants) ? les Bus et forum pour l’emploi (en juin 2008) ont donné l’illusion à beaucoup que tout se passait pour le mieux ! Mais AREVA avait déjà arrêté ses projets pour SFAR et CIVAD et devait bien se douter que ses salariés manifesteraient leur intention ferme de rester dans AREVA ! Mais malgré tout, des embauches en CDI et surtout des CDD ont perduré jusqu’à une période toute récente.

Concernant les CDD, ce qui est plus que révoltant, ce sont les promesses d’embauches faites par AREVA ! Des personnes ont quitté leur emploi pensant trouver sécurité et plein emploi dans un grand groupe. Mais les engagements pris n’ont pas pu être tenus !

La responsabilité de cette situation, AREVA EN EST RESPONSABLE A 100% !!
Les salariés de SFAR et CIVAD, qui sont salariés d’AREVA à part entière ont arraché à la direction, la possibilité d’une mutation de l’ensemble du personnel (en cohérence avec l’accord de mobilité interne signé récemment par l’ensemble des organisations syndicales). Des salariés en CDD se sentiraient donc plus que floués. Pour sa part la Cgt s’est toujours battue pour le plein emploi en CDI à temps complet et contre la précarité. La CGT portera donc une attention toute particulière à ces salariés menacés. Des actions et des démarches ont été menées et continueront d’être menées à plus haut niveau pour défendre l’embauche des CCD. Mais précisions ici qu’il ne sert à rien de s’agiter tout seul dans son coin pour être efficace sur ce sujet ! Seule des actions globales, collectives incluant un dialogue avec tous les interlocuteurs au plus haut niveau feront preuve d’une certaine efficacité.

La CGT refuse également fermement d’opposer salariés en CDD contre ceux en CDI et ceux de Creusot Forge, Creusot Mécanique contre ceux de SFAR et CIVAD !

LA CGT ENTEND LUTTER POUR TOUS LES EMPLOIS !

Nous avons obtenu d’ors et déjà une priorité pour l’embauche des CCD pour toute création d’emploi à Montchanin (sfar ou Civad). D’autre part, un CDD ayant les mêmes droits légaux qu’un CDI, ils pourront postuler aux emplois disponibles dans AREVA, mais en sachant toute fois, qu’une priorité sera donnée au personnel d’AREVA travaillant à SFAR et CIVAD.

Solution SOTRALENTZ.
Dès l’annonce de la décision d’AREVA de se séparer des sites Montchaninois, la piste d’un repreneur éventuel a été envisagée par la direction. Un nom c’est alors dégagé : l’entreprise SOTRALENTZ, entreprise familiale dont le siège social est en Alsace et comprenant plusieurs établissements en France mais aussi en Allemagne et en Roumanie.

La CGT s’est toujours battue pour le maintien des sites industriels à Montchanin. La pire des solutions serait que SFAR et CIVAD deviennent des friches industrielles !

Malgré tout, quelques inquiétudes se révèlent sur la viabilité de ce projet.
La Cgt restera donc extrêmement mobilisée pour que tous les accords liés à la reprise de la Sfar et de la Civad et l’accord Mobilité du personnel d’AREVA travaillant à la Sfar et à la Civad puissent se réaliser jusqu’à leur terme et dans l’intérêt des salariés et du maintien des sites.

Expression de La CGT SFAR CIVAD adoptée le 17 mars lors de l’assemblée générale des syndicats AREVA à Mâcon