PAS LA MISERE !

A Mâcon convocation précipitée d’un CE pour organiser le chômage
mercredi 29 avril 2009
par  Coordonnateur
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A l’heure où vous lirez ces lignes nous serons à quelques jours d’une séance de CE extraordinaire demandée par la direction. Celui se tiendra lundi 4 mai à 8h30. Notons au passage le courage de la direction, qui convoque une telle réunion entre le 1 et le 8 mai alors qu’elle sait pertinemment que de nombreux salariés sont en vacances.
Preuve qu’elle craint la réaction du personnel.
Lors de CE elle va confirmer très probablement la mise en place de chômage partiel pour une partie de l’usine.
Ainsi donc la direction du site, comme celles d’autres entreprises industrielles entend présenter la note de la crise capitaliste aux seuls salariés.

LA CGT N’ACCEPTE PAS CELA ET NE L’ACCEPTERA JAMAIS !

C’est déjà ce que nous avons signifié à la direction lors des précédents CE en étant la seule organisation à exiger de la direction une véritable solidarité basé sur le partage des richesses.
Dans la période il nous semble nécessaire, voir indispensable de rappeler un certain nombre d’éléments et d’alerter sur des risques de dérives majeures et de division du personnel.

1- LES MOYENS EXISTENT

Nous vous l’avons dit dans notre tract du 16/03, les moyens financiers existent, ils sont importants, tellement importants que T&D est « l’approvisionneur de cash » du groupe Areva. T&D Monde, mais aussi T&D SA France sont très rentables, au point d’ailleurs qu’Alstom et d’autres lorgnent sur nous avec « appétit »…

Ces résultats positifs sont le fruit du travail des salariés.
Ils sont aussi la résultante des sacrifices et souffrances de nombres d’entres nous, dont certains ne sont plus là aujourd’hui, tels nos collègues de St Ouen mais aussi Montrouge sites fermés.
Nous avons payé le prix fort des restructurations faites par Areva depuis 2004.
Notre site en particulier, ce ne sont pas les salariés de l’ex tôlerie/peinture par exemple qui nous contrediront…
Pour arriver à de tels résultats financiers nos conditions de travail et de vie se sont considérablement dégradées.

Or aujourd’hui, alors que la direction s’apprête à distribuer plusieurs dizaines de millions d’euros de dividendes, elle refuse d’être solidaire des salariés et de leurs familles, victimes d’une crise dont ils ne sont en rien responsables et dont Areva, au même titre que les autres, porte sa part de responsabilité.

2- NE PAS TOMBER DANS LE PIEGE DE LA DIVISION

Quand il y a crise, il y a peur et souvent replis sur soi. De fait le terrain est propice à la direction pour accentuer la division entre salariés qu’elle travaille déjà au quotidien.
Par exemple la présence de salariés intérimaires a été parfois montrée du doigt. Pourtant ces salariés, souvent jeunes, sont eux aussi des travailleurs qui n’ont que leur salaires pour vivre. La mémoire est elle si courte que certains ont oublié qu’ils sont passés par la case intérim avant d’être en CDI ? La mémoire est elle si courte pour d’autres qui au contraire n’ont pas eu à passer « par la case précarité » pour trouver du travail ? Ces jeunes ne sont ils pas souvent des enfants du personnel ? N’avons-nous pas d’ailleurs parfois nos propres enfants qui travaillent eux-mêmes en intérims dans d’autres entreprises ? D’autre part il est bon de préciser que pour une grande part ces intérims ne sont pas là pour surcroit d’activité. Par exemple depuis le début la ligne FBX travaille avec près de la moitié de salariés précaires. C’est la direction qui a fait de ce mode de fonctionnement « une gestion normale ». Mais la plupart auraient déjà du être embauchés. N’oublions pas non plus que les salariés intérimaires participent également comme les CDD, stagiaires et autres contrats en alternance à créer les richesses de l’établissement.
Nous ne pouvons donc que condamner vivement les propos particulièrement choquants tenus par la 2ème organisation syndicale lors du CE extraordinaire du 26 mars dernier. Propos sur lesquels la direction s’est appuyée pour virer une partie de ces salariés. Les auteurs de cette position indigne ne s’en sont pas vantés… Drôle de façon d’être « solidaires »…Les intérimaires ne sont pas justes bon à compléter l’équipe de football corporativeLe danger est grand également de voir des salariés non encore concernés par les mesures qui vont être annoncées, se sentir « à l’abri ».
Quelle erreur ce serait !
Ce n’est malheureusement qu’une question de temps (sauf reprise rapide), pour ces salariés avant de vivre les mêmes difficultés.
Nous voulons aussi préciser que se n’est pas en prenant un avantage ou un acquis social (souvent gagné par la lutte à travers l’Histoire) à une catégorie que les autres catégories se porteront mieux.
Si demain la direction annonçait un plan de licenciement de 100 personnes, demanderions nous à ce qu’il soit appliqué aux 600 autres salariés sous prétexte d’équité ?
Le chômage serait il moins dur à surmonter s’il l’on sait que son collègue de travail sera chômeur lui aussi ?
Soyons sérieux ! La CGT ne rentrera pas dans ce jeu dangereux pour l’ensemble du personnel de l’entreprise !

3- SE POSER LES BONNES QUESTIONS

Au lieu donc de se diviser n’y a-t-il pas d’autres choses à faire, d’autres questions à se poser ?

Est-ce normal alors que notre direction nous annonce une sous activité persistante de voir une nouvelle ligne de production délocalisée (Basic Kit Visax) ?

Pouvons-nous accepter de voir perdre, contrairement aux engagements pris par la direction générale, des commandes qui devraient être fabriquées à Mâcon ? Ce n’est pas le bonheur des Indiens, des Chinois ou d’autres peuples qu’elle recherche mais juste l’augmentation de son profit qu’elle s’empressera de distribuer sous forme de bonus et autres dividendes.

Est-ce normal de voir la direction continuer à chercher à accentuer encore davantage la sous-traitance ?
Sur ce point la direction n’a toujours pas répondu aux questions posées par les élus CGT sur la commande « Noé ».

La direction fait elle tout ce qu’il faut pour charger l’établissement ? Nous en doutons !

Est-ce normal de vouloir nous faire travailler gratuitement le lundi de pentecôte et que l’entreprise bénéficie de la production au moment ou elle va imposer du chômage à des centaines d’entres nous ?

N’avons-nous pas toutes et tous fait assez de sacrifices ?

4- LA CGT EXIGE

 Que les salariés concernés par le chômage soient compensés à 100% !

 Que la direction finance les éventuelles pertes financières occasionnées par d’éventuelles annulations de vacances et de voyages.

Que le Lundi de Pentecôte soit chômé et payé. Pas question de venir travailler gratuitement !

5- NE PAS SE LAISSER FAIRE !

Alors face à la situation que faire ?
Nous n’avons pas de réponse toute faite et ne prétendons pas détenir seuls « la vérité ». Mais ce dont nous sommes sûr c’est que la situation est injuste et qu’elle doit être combattue. Appeler à la grève ? Certains vont dire que cela arrangerait notre patron vu la charge. Oui peut être, mais ce que nous constatons c’est qu’aujourd’hui il y a des milliers de salariés qui font grève alors qu’ils sont licenciés ou bien qu’il n’y a aucune charge dans leur entreprise (à méditer…).
Pour autant nous pensons qu’il y a probablement d’autres pistes à explorer.
N’étant pas surpris par la situation, nous avions déjà pris les devant sur le sujet. Déjà le syndicat s’est réuni et à élaboré un plan de travail. Des contacts juridiques ont aussi été pris. Nous avons aussi commencé à alerter les structures CGT ainsi que certaines « personnalités » de la situation économiques et industrielle de notre usine.
Nous allons également proposer aux autres organisations une rencontre sur le sujet.
A cette situation propre au site de Mâcon s’ajoutent toutes les incertitudes qui planent sur l’avenir du groupe Areva et la place de notre division. Nous reviendrons très prochainement sur tous ces sujets.
Mais la aussi la CGT a pris les devants. Le secrétaire du CCE a proposé depuis plusieurs semaines la tenue d’un CCE extraordinaire (voir courrier dans nos panneaux). Notons au passage que certaines organisations ont refusé jusqu’à cette demande…L’idée d’une manifestation européenne de « tous les Areva » est également mise en débat pour mi mai.

Dans ces conditions il est bien évident que les manifestations du 1er mai
doivent prendre un relief tout particulier.
Ce sont des raisons supplémentaires d’être dans la rue ce vendredi
pour exiger une autre répartition des richesses.
Nous invitons tous les salariés à venir se rassembler ce 1er mai à 10h Place Genevès à Mâcon
derriére la banderole de la CGT d’Areva.


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