EMPECHER LA CESSION DE T&D POUR NOS INTERETS COLLECTIFS

Et quand il n’y aura plus rien à céder ?
mercredi 10 juin 2009
par  Coordonnateur
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Crises, de marchés, de financement, prétendus recentrages sur les coeurs de métier(s), rien ne nous aura été épargné en arguments fallacieux pour faire
passer l’inacceptable. A chaque fois un lourd bilan en emplois perdus, du chômage, des vies brisées.
Des plus jeunes aux plus anciens, chaque salarié paie, a payé, paiera, ces revirements de gouvernance. « Capitalisme responsable », « responsabilité
actionnariale », dit-on au Medef et à l’Elysée.

S’agit-il aujourd’hui de vendre TD pour réduire une perte, comme cela été allégué pour FCI, de générer du cash comme pour la vente de la Tour AREVA, de « rationnaliser » la production comme pour Saint-Ouen ou Montrouge ? A l’évidence non ! TD est profitable, TD a toute sa place
dans le Groupe auquel il a apporté l’intelligence des réseaux électriques, une plus forte implantation internationale, un avantage commercial compétitif.
On le sait, le choix de mix énergétique sans production de CO2, impose des conceptions de réseaux, des moyens de pilotage adaptés, c’est cette
offre pertinente, en adéquation avec les besoins mondiaux – profitable ! – que le gouvernement entend renvoyer à la sphère privée.

Quel sera le prix d’AREVA TD, un prix d’amis, le juste prix ? En tout cas celui d’un bien grand risque social et industriel. Pour AREVA TD d’abord,
cédé en « vente flash » dans le temps d’une crise où les débats sur la « valeur » des choses et des hommes révèlent plus de cynisme que d’intelligence ou de morale.
C’est dans ce temps que l’on aimerait disposer d’une représentation nationale, prompte à défendre le bien public, la pérennité de nos emplois,
les droits sociaux, notre pouvoir d’achat et donc la richesse nationale. Ceux de la majorité ont choisi le silence, celui des complices.

L’opposition socialiste en nous recevant le 18 mai, nous a assuré de son soutien. Des questions ont été posées à François Fillon dès le lendemain. Ce dernier nous renvoie à notre président du conseil d’AREVA, monsieur Spinetta fraîchement nommé, comme pour nous rassurer. Mais le premier ministre a tracé le cap : « Notre objectif est de faire d’Areva notre champion pour le nucléaire civil dans le monde, de l’extraction d’uranium au retraitement des déchets ».

M Fillon, AREVA est déjà le champion national et mondial pour le nucléaire civil, la question est : en quoi la cession de TD contribuera à l’y maintenir ? N’êtes vous pas sur une stratégie d’affaiblissement du Groupe plutôt que de renforcement, une dévalorisation rampante à l’oeuvre, préludes à une recomposition du capital ? AREVA ne peut sortir indemne d’une décision qui ampute sa valeur, réduit son résultat, affaiblit sa stratégie commerciale.

L’effet de la cession de TD permettra au mieux de régler des passifs, de passer le cap de l’année en cours. Il faut donc augmenter le capital de l’entreprise. C’est cela faire preuve de responsabilité actionnariale, la panoplie
des réponses dépend de l’Etat mais elles tardent. Emettre un emprunt obligataire, apporter un supplément de capital en inscrivant un additif à
la loi de finances, se porter caution des emprunts contractés, élargir la participation de la Caisse des Dépôts, ouvrir le capital aux conseils régionaux,
faire intervenir le Fonds d’Investissement Stratégique…
Les recettes ne manquent pas plus que les arrières pensées, c’est cela dont nous jugerons en tant que citoyens, salariés et syndicalistes… Vous pouvez compter sur la CGT, l’action des salariés, la mémoire ouvrière. Vendre ou brader le bien public se paie tôt ou tard.

Paris le 30 Mai 2009


Documents joints

Le numéro spécial de transversale
Le numéro spécial de transversale
l’adresse de l’US CGT AREVA au syndicat du groupe