L’avenir d’AREVA nous concerne

L’AVIS DE LA CGT PUBLIE LE 15 SEPTEMBRE
jeudi 24 septembre 2009
par  Coordonnateur
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La CGT participante du Grenelle de l’environnement, engagée dans le soutien à la production d’énergie sans CO2 s’inquiète des orientations
définies par le gouvernement et le management du groupe pour AREVA

Confronté au départ d’un partenaire stratégique (SIEMENS), au retard des chantiers EPR et dans la mise en production de ses investissements
industriels en France, le groupe AREVA à 95% public est menacé de
privatisation. Cette évolution, qui n’a rien de fatale, survient précisément au moment où l’Etat prétend soutenir
l’industrie nationale.

Les orientations prises par le gouvernement et la direction d’entreprise n’ont fait l’objet d’aucun débat public. L’impact de l’évolution du groupe sur la filière industrielle nucléaire française doit alerter les citoyens, les représentants à l’Assemblée Nationale.

Le nucléaire, traité ici comme une marchandise ordinaire, sans qu’existe
d’autorité de sûreté internationale, est à l’opposé des critères et modèles développés en France. C’est l’existence en France d’une recherche fondamentale et appliquée, performante et soutenue, d’une autorité de sûreté reconnue, d’un standard de réacteur exploité dans un cadre économique spécifique qui a permis l’existence des références industrielles constitutives d’AREVA.

L’acceptabilité du nucléaire en France doit reposer sur une maîtrise publique

Depuis des années, la CGT a mené des actions nécessaires pour porter les préoccupations et les revendications des salariés. Aujourd’hui, il est urgent de stopper les dérives actuelles - sociales, économiques et
environnementales- amplifiées par l’introduction de la concurrence et de
la financiarisation dans la gestion.

Les atouts français ne peuvent être la caution à une relance mondiale
libérale, dérégulée, de concurence dans cette activité majeure. AREVA ne
doit pas se transformer en une compagnie internationale quelconque,
vouée à la seule génération de plus values et de dividendes pour ses futurs actionnaires privés.

Les transferts de technologies, les acquisitions internationales du groupe, l’implantation d’usines Areva à travers le monde ne doivent pas servir à la mise en oeuvre de compétitions fondées sur la régression des droits sociaux et des rémunérations.

Une utilisation responsable des ressources, conforme aux principes de
développement durable doit être menée. A cet effet, la caractérisation
de la ressource Uranium en « bien public mondial » doit conduire à la mise en place d’une gestion partagée sous responsabilité de l’ONU.

L’enjeu de la recherche avec le CEA est aussi au coeur de cette stratégie de démantèlement du groupe AREVA.

La filiale T&D doit rester dans AREVA

AREVA qui a l’ambition d’être un leader dans la production de solutions
énergétiques sans CO2, doit contribuer à une maîtrise nationale des énergies renouvelables et conserver en son sein la division TD, qui assure au groupe l’assurance du développement de toutes les formes d’énergie sans CO2.

Le transport d’énergie, les technologies de distribution, les outils
de pilotage des réseaux que TD développe, assurent à l’ensemble du
groupe des débouchés à tous types de productions et de situations de réseaux, quels que soient les pays clients. Ces technologies indispensables à tout mix énergétique, supposant des acheminements de haute tension sur longue distance ou des outils réactifs à
des productions aléatoires sont des atouts incontournables pour l’accès à l’énergie pour tous.

Vendre cette activité, c’est prendre un risque de perte de maîtrise et affaiblir AREVA.

L’urgence du dialogue social

AREVA qui se veut à la pointe du dialogue social et des bonnes
pratiques sociales doit accéder aux revendications de ses salariés et
appliquer un contrat social collectif digne de l’image dont elle se pare.
La CGT juge comme incontournable l’application de normes sociales du
plus haut niveau à toutes les entreprises du groupe et condamne la
volonté de régression manifestée à travers la dénonciation des accords
sociaux les plus avantageux.

Nous voulons l’instauration d’un statut du travail salarié dans AREVA qui
répondrait aux revendications les plus urgentes et les plus structurantes de la vie des salariés.
. Un salaire de base minimum d’embauche à 1600 euros.
. Une progression salariale minimum de 1 à 4 sur la durée de la carrière.
. La revalorisation annuelle collective des salaires, indexée sur le coût réel de la vie.
. Une garantie d’avancement individuel minimum tous les 3 ans.
. Une protection sociale complémentaire invalidité, décès, pour tous les salariés du groupe.
. Un droit à la formation rendu exerçable par le gréement suffisant des
équipes de travail, l’ouverture effective du droit à des formations autres que subordonnées aux obligations du poste de travail.
. La reconnaissance et compensation de toutes les pénibilités, notamment par la généralisation des régimes de préretraites existants à tous les salariés du groupe exposés aux mêmes situations de risques.

La responsabilité de l’Etat actionnaire est engagée

La CGT s’oppose à la vente d’AREVA T&D et à toute ouverture du capital
d’AREVA. L’état actionnaire majoritaire doit jouer tout son rôle pour qu’AREVA ait les moyens de développer une réelle politique industrielle dans le cadre d’une filière nucléaire française revivifiée.
Au moment où le Président annonce des assises sur la question de politique industrielle, il est contradictoire que l’Etat ne s’implique pas dans ce dossier.
Les questions énergétiques, et en particulier celle du nucléaire,
nécessitent une véritable politique industrielle à long terme pour traiter à
la fois les questions économiques, sociales et écologiques.
La CGT a des propositions dans ce domaine et, en particulier, elle
revendique la création d’un pôle public de l’énergie qui permettrait de garder la maîtrise publique d’un secteur aussi stratégique.
L’avenir de la filière nucléaire passe par une véritable maîtrise publique du groupe AREVA.


Documents joints

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