« CE N’EST QUE LE DEBUT DE L’HISTOIRE ! »

Propos de J F COPE président groupe UMP à l’assemblée lors de l’entrevue du 22/09/09
lundi 28 septembre 2009
par  Coordonnateur
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Mardi 22 septembre à 15h30 s’est tenue dans les locaux de l’Assemblée Nationale à Paris, une rencontre entre plusieurs députés de la majorité, dont le président du groupe UMP à l’assemblée et des représentants des organisations syndicales de T&D SA. Cet entretien avait été obtenu par les syndicats de Mâcon lors de leur rencontre avec le député de leur circonscription.
L’objet de cette réunion était bien évidement d’aborder le projet de vente de notre activité.
Elle faisait suite à la journée d’action du 15 septembre dernier.

Les députés :
M JF Copé, circonscription où se trouve le site de St Souplet
M Gérard Voisin, circonscription du site de Mâcon
M Michel Voisin, circonscription du site de St Cyr (qui dépend de Mâcon)
M JP Anciaux, député du Creusot
M R Lecou, circonscription du site de Fabrégues
ont reçu une délégation intersyndicale des établissements de Mâcon et Fabrègues
Pour la CGT : Guy BERRY du site de Mâcon, Alain VITTOZ du site de Fabrégues, Laurent ROUSSEL du site de Mâcon
Egalement présents : 3 représentants CFE-CGC et 2 Sud Areva Mâcon

JF Copé a demandé que chacune des organisations donne son avis, qu’il était là pour se faire une opinion et que dans l’hypothèse où le projet irait à son terme qu’il ne laisserait pas faire n’importe quoi.
La CGT s’est tout d’abord exprimée par le biais de son délégué syndical central :
« Au nom de la CGT je voudrais tout d’abord vous remercier Monsieur Copé de recevoir les organisations syndicales dans un délai aussi court.
Merci également à M Gérard Voisin d’avoir tenu l’engagement pris le 15/09 dernier.

M Copé vous nous avez demandé d’aller au cœur du sujet, nous serons directs :

La CGT est totalement opposée à la décision gouvernementale de vendre l’activité T&D. Nous savons que vous connaissez le dossier, ainsi que vos collègues députés, néanmoins il nous semble important en quelques chiffres clefs de rappeler ce qu’est T&D et ce qu’il représente pour le groupe Areva.

  • T&D c’est un résultat opérationnel de 560 millions d’euros en augmentation de 41% sur un an.
  • T&D c’est une marge opérationnelle de 11%
  • T&D c’est 44% du résultat opérationnel du groupe…
  • T&D c’est 30 000 salariés à travers le monde, 5000 embauches cette dernière année.
  • T&D c’est pour la France 5000 emplois directs et probablement au minimum près du double induits.

Pour arriver à ces résultats que nous pouvons qualifier de très bons en matière économique, les salariés de T&D ont déjà payé un lourd tribu.

  • Fermetures de sites avec leurs cortèges de suppressions d’emplois.
  • Délocalisations
  • Externalisations
  • Dégradations des conditions de travail.

Rester chez Areva n’est pas un gage de sécurité pour l’avenir, mais nous vendre c’est l’assurance d’aller droit vers une catastrophe industrielle et sociale.

Cette vente si elle devenait effective serait lourde de conséquences :

  • En 1er lieu pour les salariés de T&D
  • Mais aussi pour ceux des autres branches du groupe Areva. Avec des risques majeurs d’affaiblissement de celui-ci à une période charnière dans son histoire.
  • Sans oublier les salariés des groupes qui pourraient éventuellement nous racheter. Nous pensons notamment aux salariés d’Alstom et de Schneider. Pour ce dernier, d’ailleurs les doublons industriels avec T&D sont nombreux. De plus il se trouverait probablement en « situation dominante » au niveau européen. La commission européenne ne manquerait donc pas de lui intimer l’ordre de se séparer de plusieurs sites, selon nos sources d’environ une dizaine…

Pour la CGT ce choix nous semble contraire

1) Au discours gouvernemental et à l’organisation, par le Président de la République, d’assises nationales sur l’industrie, que d’ailleurs notre organisation réclame depuis de longs mois.

2) Contraire également à la notion même d’indépendance nationale énergétique que notre organisation a toujours défendue et pour une grande part, contribuée à mettre en place.

3) Contraire aux défis environnementaux auxquels notre planète est confrontée.

M Copé, nous pensons que se profile devant nous un véritable désastre. Nous avons du mal à croire en l’invocation de critères industriels et sociaux qui seraient demandés à l’éventuel repreneur. Pour nous il s’agit davantage d’incantations. L’exemple de la branche FCI vendue par Areva en 2004 en atteste.

Malgré cette évidence le gouvernement semble vouloir s’entêter. Pourtant là où il y a eu une amorce de débat sur le sujet, il y a interrogation sur le bien fondé de ce projet.

Ces interrogations ne proviennent d’ailleurs pas uniquement de membres de l’opposition.
Nous l’avons constaté dans plusieurs départements, en Saône & Loire par exemple, et nous nous en félicitons.
Mais aussi dans les travaux de la commission des finances de l’assemblée nationale que nous avons lus avec une particulière attention.
Nous partageons pleinement la position de M Vigier, membre de la majorité, qui déclare au sein de cette commission : « Comme nombre de mes collègues, j’ai le sentiment que nous vendons les « bijoux de famille » dans un secteur hautement technologique et innovant alors qu’un bon positionnement sur le marché implique de disposer d’une masse critique importante. Dans ces conditions, je crains que notre pays ne s’affaiblisse et que l’on aille droit au naufrage ! ».

M Copé sur ce dossier l’Etat a tous les leviers. Nous pensons qu’il peut investir 3 ou 4 milliards d’euros dans une entreprise rentable et qui de plus possède des perspectives d’évolutions importantes.

Le parlement doit pouvoir pleinement jouer son rôle face à l’exécutif.
Nous pensons qu’au regard des enjeux le gouvernement doit reconsidérer sa position et que dans les différentes chambres parlementaires (assemblée et sénat) un débat puisse avoir lieu.

M Copé pour la CGT il semble moins justifié de parler d’un recentrage sur le cœur de métier, que d’un véritable Monopoly financier.
Contrairement au propos de Mme Lagarde T&D est non seulement utile, mais indispensable au développement du groupe Areva. »

Ensuite la CFE-CGC a également développé son argumentation qui, à quelques nuances allaient dans le même sens que la notre.

Suite à ces 2 interventions JP Anciaux est intervenu et à déclaré : « Je suis du côté des salariés, du groupe Areva et d’Anne Lauvergeon. Sur ce dossier je suis contre le gouvernement. »
Gérard Voisin a dit que c’était également sa position.

Puis le délégué syndical CGT de Fabrégues a développé les synergies créées par T&D avec les autres activités du groupe.

R Lecou s’est dit en phase avec ce qui a été développé et a indiqué : « Qu’il ne fallait pas céder à la tentation facile de faire de l’argent en vendant T&D, et que l’on avait besoin d’un outil industriel compétitif. »

M Voisin s’est rallié à ce qui avait été dit et à fait référence aux problèmes déjà rencontrés sur sa circonscription avec la restructuration de l’entreprise Lamberet, situé dans la même zone que l’atelier de St Cyr qui dépend de Mâcon.

JF Copé a alors demandé s’il y avait d’autres organisations qui voulaient s’exprimer.
Un des représentant de Sud Areva Mâcon a alors déclaré : qu’il n’avait rien de plus à ajouter à ce qui avait été dit par les autres organisations syndicales tout en précisant que quelque soit l’éventuel repreneur il y aurait « de la casse ».

Avant de clore l’entrevue JF Copé a proposé ce qu’il a défini être « une stratégie de méthode ».
Il a indiqué que lui et les députés présents allaient revoir Mme Lagarde, Ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi, et lui faire part des craintes et des positions que les organisations syndicales venaient d’exprimer.
Il nous a demandé de garder entre les syndicats et lui un contact permanent et qu’il nous informerait de l’évolution. Il nous a également mis en relation avec 2 personnes chargées au sein de l’UMP des questions industrielles.

Analyses et commentaires CGT

Nous ne sommes pas naïfs. Nous savons que le débat que nous réclamons gêne la majorité. Car comme nous l’avons souligné dans notre intervention, quand on vient sur le fond du dossier la décision du gouvernement est très contestable, pour ne pas dire plus…
Cependant les députés rencontrés, mais aussi probablement d’autres sont tiraillés.
Tiraillés entre la discipline parlementaire de leur groupe politique, dont est issue la majorité gouvernementale, et de l’autre les futures conséquences sociales, économiques et industrielles, que ne manquera pas d’avoir dans leurs localités la vente de notre division.
Il faudra qu’il en assume les répercutions, et ils savent qu’ils auront des comptes à rendre sur la position qu’il avait prise alors.
Car voilà bien un dossier sur lequel le politique ne peut pas dire qu’il n’a pas de prise…
Très clairement la stratégie de notre organisation de vouloir sortir la problématique des murs de nos sites se trouve confortée.
Comme il est tout aussi évident que la réussite de la journée de mobilisation du 15/09, notamment en France, avec une CGT incontournable et surtout moteur, a pesé.

Une brèche dans le fatalisme ambiant a été ouverte, nous devons l’élargir.
Tout nous encourage donc à poursuivre la mobilisation.

C’est pourquoi la CGT au niveau central va dans les jours qui suivent s’adresser dans ce sens aux autres organisations syndicales de T&D SA.
Entre temps nous allons saisir toutes les opportunités pour poursuivre l’interpellation des politiques, quelle que soit leur tendance.

Alors début de l’histoire, comme le dit JF Copé ou pas, en aucun cas celle-ci est terminée, et il revient aux salariés d’en écrire le prochain chapitre.