NUCLEAIRE : s’appuyer sur les atouts de la France pour affronter les nouveaux défis et non les livrer au secteur privé

mercredi 17 octobre 2007
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La France dispose avec les trois entreprises publiques, CEA, AREVA et EDF d’atouts de premier ordre dans le nucléaire.

Ces outils publics sont à l’origine des performances de la filière énergétique française tant en terme de compétitivité du kWh que de capacité d’exportation. Ce système a mis la France en très bonne position dans la réduction des émissions de CO2. Alors que les pouvoirs publics étudient divers scénarii d’évolution du secteur comportant des risques majeurs de perte de la maîtrise publique sur ce secteur hautement stratégique, la CGT tient à affirmer les points de repères à partir desquels elle interviendra sur ce dossier :

1) Aucune décision ne peut ignorer qu’AREVA est déjà aujourd’hui le leader mondial du nucléaire. L’entreprise publique maîtrise le cycle nucléaire de l’amont à l’aval pour le combustible, la construction des réacteurs et les services associés ainsi que la propulsion navale.

Aucune décision ne peut non plus ignorer que la réussite du nucléaire en France est le fruit d’une étroite coopération entre EDF, architecte ensemblier des centrales sur le sol national et AREVA, sans oublier ALSTOM pour les groupes turbo-alternateurs.

2) L’Etat a une responsabilité majeure quant à la pérennité de la performance de la filière énergétique nationale et ne doit en aucun cas se désengager du secteur.

Outre le rôle d’exploitant nucléaire de l’entreprise publique EDF, la puissance publique est aussi à travers l’autorité de sûreté nucléaire garant et certificateur des modèles de réacteur qui, après développement sur le sol national, sont exportés à travers le monde. Tout recul du rôle de l’Etat aurait des conséquences graves sur la garantie de la sûreté comme sur la pérennité du consensus citoyen en faveur du nucléaire.

3) La période de faible investissement dans des nouveaux réacteurs qu’a traversé l’industrie électronucléaire n’a pas été sans conséquences sur les capacités industrielles et humaines et pèsent dans le redémarrage nécessaire de la filière face à l’expansion rapide du marché mondial et face à la perspective du renouvellement du parc nucléaire français.

Dans le même temps, la préparation du démantèlement des installations anciennes confère des responsabilités majeures tant à EDF qu’à AREVA dont les bilans comportent des passifs importants liés à ces enjeux.

Il est donc essentiel que les choix s’articulent autour de ces enjeux et ne consistent pas à écrémer les activités les plus rentables au profit du secteur privé pour ne laisser au secteur public que les passifs liés notamment au démantèlement des installations. C’est la cohérence et l’efficacité de la filière énergétique française qui en dépend.

4) Les relations AREVA et EDF doivent être refondées sur de nouvelles bases tenant compte des facteurs de succès du programme nucléaire français et des enjeux de l’internationalisation du marché de l’énergie. Pour cela, la confédération CGT estime nécessaire de conserver l’architecture prévalant dans les réalisations en France mettant EDF en position d’architecte ensemblier et de renforcer considérablement les liens entre AREVA et EDF à travers la création d’un Groupement d’Intérêt Economique (GIE).

Cette solution permettrait de remédier à la concurrence entre les deux groupes et de créer des synergies plus efficaces dans les réalisations.