Le projet de vente d’AREVA TD doit être annulé

Déclaration de la Fédération de la métallurgie CGT
vendredi 6 novembre 2009
par  Coordonnateur
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En juin dernier, le Conseil de surveillance du groupe AREVA, poussé par l’Etat qui est majoritaire à plus de 90%, a demandé l’étude de la vente de la branche T&D (Transmission et Distribution). Celle-ci emploie 30 000 salariés à travers le monde, dont plus de 5 000 en France et représente 40% du chiffre d’affaires total du groupe et lui apporte annuellement
500 millions d’euros de cash.

La raison officielle invoquée pour justifier cette vente est de répondre au
besoin de financement pour poursuive le développement du groupe estimé à environ 11 milliards d’euros d’ici 2012. Or, le groupe Areva est en passe d’avoir déjà trouvé pratiquement l’intégralité de cette somme.

L’expertise diligentée par le comité de groupe et le comité central d’entreprise en atteste et démontre qu’un complément de 500 millions à 1 milliard serait suffisant pour boucler le plan de financement.
Elle indique également qu’il est suicidaire pour le groupe de se priver
de l’apport technologique, économique et humain que lui apporte l’activité Transmission et Distribution. Il est bon de préciser que cette étude n’est contestée par personne y compris par le directoire d’AREVA.
Malgré cette évidence, le gouvernement semble vouloir s’entêter
dans sa volonté de priver le groupe Areva de sa filiale.

D’autres, par contre, ont très bien saisi l’importance stratégique que sont les atouts des activités d’AREVA T&D. Plusieurs groupes industriels français et étrangers se sont déclarés candidats à l’acquisition de cette
dernière : un consortium français composé d’Alstom et de Schneider, un
autre composé du géant américain Général Electric avec un fond
d’investissement européen CVC, ainsi que le groupe japonais Toshiba.
Tous disent vouloir apporter des garanties de développement industriel
et social. Mais là aussi la réalité est toute autre.

Quel que soit l’éventuel repreneur, tout indique clairement que nous
allons droit vers une catastrophe industrielle, économique et sociale,
à l’échelle européenne, voire mondiale, à la fois chez T&D mais aussi au sein du groupe qui serait acheteur. Les risques de disparitions de sites de production comme d’ingénierie, avec leurs lots de destruction massive
d’emplois et de perte de savoir-faire,sont nettement identifiés et identifiables.

Les syndicats CGT de tous ces groupes l’ont exprimé dans leurs
instances respectives. Au moment où le Président de la République annonce des assises sur la question de la politique industrielle, il est contradictoire que l’Etat participe de façon très active à la casse de l’un de ses fleurons, et crée toutes les conditions pour affaiblir le groupe
Areva, alors que les enjeux sociaux, environnementaux et économiques liés à la production et à la distribution d’énergie vont aller grandissant.
Ce même gouvernement qui a sauvé les banques du dépôt de bilan en
injectant des dizaines de milliards d’euros de fonds publics n’aurait-il pas
les moyens d’investir dans une filière industrielle où les perspectives de
rentabilité et de développement sont très bonnes ?

L’Etat actionnaire doit jouer tout son rôle pour qu’Areva ait les moyens
de se développer dans le cadre d’une réelle politique industrielle basée sur la satisfaction des besoins immenses à travers le monde et au service de la collectivité. Notre organisation porte ces exigences.
Depuis l’annonce de ce projet, la CGT a multiplié les démarches auprès des parlementaires et des pouvoirs publics afin de créer les conditions d’un véritable débat national sur les enjeux de la filière.

Dans de nombreuses localités, des maires, des députés, des conseils
généraux et régionaux se sont exprimés clairement contre ce projet.
Les salariés, comme une partie de l’encadrement, sont opposés à cette
vente. Ces prises de positions en lien avec ces mobilisations sont autant de points d’appuis pour poursuivre la bataille afin de faire reculer le gouvernement. Car rien n’est encore joué.

Cette vente n’est pas inéluctable ! Nous pouvons encore l’empêcher
car elle est source de gâchis financier, social et industriel.

Montreuil, le 5 novembre 2009