Le Comité de Groupe Européen vote à l‘unanimité contre la vente d’AREVA TD.

La CGT des trois groupes concernés dénonce les impacts sociaux attendus et redoutés dans les entreprises, souligne la faiblesse et les risques du projet.
vendredi 8 janvier 2010
par  Coordonnateur
popularité : 21%

C’est à l’unanimité de ses membres que le refus de la vente s’est exprimé lors du Comité de Groupe Européen du 6 janvier 2010 appelé à rendre son avis. Dans chaque pays la voie est maintenant ouverte pour la consultation locale dans les comités centraux d’entreprise, ou ce qui en tient lieu, avec bien sûr toutes les disparités d’approche rendues possibles par les législations nationales.

Il nous faut souligner la convergence de vue des délégations syndicales européennes concernant les risques sociaux du projet notamment à travers la scission de l’entreprise, le partage des services centraux et des moyens communs, l’inquiétude à l’égard des risques conjoncturels liés au marché ou découlant de la désintégration de TD. Dans le même esprit commun le constat a été fait que les engagements sociaux et industriels pris tant par le vendeur (AREVA) que les acquéreurs (le consortium momentané Alstom, Schneider) étaient flous sinon faibles. Les repreneurs, eux-mêmes engagés dans des plans de restructuration et de délocalisation, ne permettent pas d’accorder foi aux engagements pris lors du comité européen. En effet chacun des engagements de pérennité de l’emploi et des sites pris lors de la réunion du 17 décembre est conditionné, tant pour AREVA que pour les acheteurs, à la performance économique attendue (en ayant pour année de références 2009).

Le rapport de force est inévitable.

La CGT rassemblée

La CGT a dés l’origine analysé le projet sous ses différents angles en s’appuyant sur ses syndicats AREVA – ALSTOM – Schneider. La vente et l’opération de scission présentées notamment par le PDG d’Alstom, comme relevant du « patriotisme économique » et d’un ambitieux projet industriel, ne ressortent pas comme tels de nos analyses croisées. La CGT y a relevé une victoire de l’opportunisme, soutenue par l’Etat, qui ne porte que risques sociaux et risques industriels. Nous assisterions à la destruction d’un outil qui marche et au résultat encore prometteur si l’on en juge les importants contrats en centaines de millions d’Euros emportés, au Brésil notamment.

Répondre aux enjeux sociaux par la politique industrielle

Ce sont bien la politique industrielle, les choix technologiques, les investissements, adossés à la formation des hommes, la reconnaissance du Travail qui doivent être mis en débat. La CGT est associée à la demande d’une négociation sous l’égide de la Fédération Européenne de la Métallurgie, en vue d’un accord tripartite européen (Areva – Alstom – Schneider / FEM) sur la pérennité de l’emploi et des sites. Elle veillera à travers ses représentants dans la FEM à faire porter les exigences sociales et industrielles seules garantes de la tenue des engagements pris. En France le CCE de TD s’emploiera à porter cette exigence.

La CGT ne renonce pas aux mobilisations du personnel.

Il va sans dire que nos objectifs ne sauraient être atteints sans l’implication des salariés, dans leurs instances, vis-à-vis des décideurs politiques locaux et nationaux, sites par sites, au niveau des trois groupes concernés. Cette vente n’est toujours pas arrivée à son terme, notre refus est persistant, créer et maintenir les rapports de force demeure indispensable. Les instances représentatives locales et nationales des 3 Groupes doivent être mobilisées au service du maintien de l’emploi et des sites en France, en Europe et dans le Monde. Elles doivent servir à la mise en lumière et à la dénonciation des risques, au développement des actions nécessaires.
Paris le 7 janvier 2010