AREVA reçoit le label diversité par le ministre de la reconduite aux frontières

Un label lourd à porter
samedi 17 avril 2010
par  Coordonnateur
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Si l’on ne peut douter que la présidente du groupe AREVA est sincèrement – mais aussi économiquement - convaincue du bien fondé de la « fin de la domination du mâle blanc », on ne peut que douter de l’enracinement actif de ce principe à l’entreprise AREVA. L’audit AFNOR pratiqué sur le groupe, n’aura pu que nous surprendre, plus habitués que nous sommes à le voir édicter ou recommander des pratiques qui relèvent plus souvent de la métrologie que des sciences humaines ou sociales. C’est cet organisme qui a établi les préconisations de m2 d’occupation de l’espace, dans les espaces de travail dits ouverts, (Open Spaces selon la langue internationale de référence).

Intégrer : une science dure ? L’intégration : une unité de mesure ? Il est vrai que la vision sociale et la gestion forment le même concept dans la tête de nos dirigeants. Alors s’attendre à un humanisme, ou de l’humanité de comptables…

En fait l’Etat français n’a jamais si bien accueilli les étrangers, ou si bien intégré, que pour les exploiter après une longue privation de droits élémentaires et fondamentaux. Reconnus par le peuple sur les barricades depuis 1871, l’arme à la main des brigadistes, comme mourant sous les balles allemandes « criant La France en s’abattant », sur les chaînes des usines, dans les champs de nos cueillettes, éliminant l’amiante de nos métros, tirant le charbon de nos mines...

Ce sont leurs fils et leurs frères à qui les frontières de l’entreprise sont fermées, malgré leurs qualifications et les sacrifices de leurs pères, ghettoïsés et socialement exclus. Ce sont également leurs fils et leurs frères qui du Niger ou de Chine - travailleurs sans papiers - battent depuis 2 ans maintenant le pavé de Paris. Travailleurs grévistes en quête de même droits, de même norme, de l’application du droit du travail. Ceux-là sont pourchassés, chartérisés, humiliés et clandestins, mais ils sont également épuisés des labeurs les plus durs, cotisants et contribuables malgré tout.

Depuis l’avènement de la clique Sarkozy – lui-même gosse d’immigré - plusieurs ministères de l’intérieur refusent à des Français, les quelques millions nés ailleurs que sur le sol national, leurs papiers d’identité ou passeport français, sauf à se faire établir un certificat de nationalité en dépit pourtant des actes d’état-civil délivrés régulièrement par l’administration française. S’agissant de l’intégration à la Nation mieux vaut être né à Neuilly, fut-ce de père hongrois, qu’à Nouakchott ou Niamey.

Nicolas Sarkozy, français par le droit du sol, impulse une politique discriminatoire qui conduit à celle du droit sang, celle imbécile qui mène à la dégénérescence et à la sclérose des nations. Il le fait avec l’habileté des démagogues, sur fond de peur de l’altérité érigée en croquemitaine, aidé, relayé par de sinistres travestis et renégats des causes qui les ont fait connaître. Le ministre des reconduites à la frontière en charge de célébrer l’intégration est de ceux-là, « socialiste avant », aujourd’hui dans une dérive réactionnaire-droitière inquiétante. Et pour ceux qui en douteraient, reportez-vous à l’appréciation du procureur de Paris sur les propos de M Hortefeux (tenus lors de l’université d’été 2009 de l’UMP), prédécesseur d’un Besson que je ne reconnaîtrai pas comme mon frère.

Ainsi donc M Besson, ministre de son état, doit remettre la médaille de la diversité à AREVA. La CGT AREVA est invitée à partager ce « grand moment » d’autocélébration et d’autosatisfaction, elle ne participera pas à cette mascarade. Si AREVA est ouverte à la diversité, ce n’est pas en son cœur, son cœur de métier en tous cas. Dans le Sud-Est, la population d’origine étrangère est de plus de 10%, en Ile de France probablement d’autant, en Rhône-Apes également. Alors tri sociologique, facial, résultat des enquêtes menées par les RG sur les candidats, le compte n’y est pas, à vous de juger en votre âme et conscience…

Il y a des redressements qui ne se décrètent pas, sauf par la volonté d’un peuple, celle de ses luttes, de ses lois.