Déclaration de l’administrateur CGT au conseil de surveillance

Cotation des actions AREVA
jeudi 28 avril 2011
par  Coordonnateur
popularité : 28%

Lors de l’augmentation du capital d’AREVA, l’Etat s’est engagé vis-à-vis du Fonds Souverain du KOWEIT à assurer la liquidité des titres par une cotation.

Cette cotation d’AREVA sous la forme d’Offre Publique d’Echange n’est pas qu’une simple opération technique comme annoncée. Cet événement est bien au contraire tout, sauf anodin, il intervient sans débat parlementaire ou public afin d’en mesurer correctement les avantages, les inconvénients, et de prendre le plus largement possible des décisions partagées.

Cette décision éminemment politique et stratégique permettra à l’avenir aux actionnaires d’AREVA de céder leurs actions, pour le CEA de financer ses opérations de démantèlement de ses installations nucléaires au gré de ses besoins. De ce fait, la part de 73 % détenue actuellement par le CEA actionnaire serait amenée mécaniquement à baisser très sensiblement à terme, en totale contradiction avec le décret en vigueur.

L’Etat s’est engagé dans un premier temps à racheter les actions cédées du CEA par l’intermédiaire de l’Agence des Participations de l’Etat, mais le doute existe que celles-ci changent de mains vers la direction du marché boursier par la suite.

Cette manœuvre permettra aussi à l’avenir de faire appel au marché pour des opérations futures d’augmentations de capital.

Cela illustre bien de façon supplémentaire le désengagement progressif de l’Etat actionnaire, du fait de ses choix financiers, vis-à-vis d’activités éminemment stratégiques au niveau national, mais aussi au niveau international, concernant le cycle complet du combustible et la construction de réacteurs, et du modèle de sûreté/sécurité de ces activités.

Il y a bien des risques :

  • de privatisation rampante d’AREVA qui sera soumise aux aléas boursiers et livrée aux appétits financiers des actionnaires, dont leurs visions et leurs exigences de courts termes sont incompatibles avec les cycles longs du secteur et les activités sensibles du nucléaire,
  • de séparer les activités d’AREVA nécessitant un contrôle public et celles qui seraient orientées vers une logique industrielle privée.

La CGT tient à dénoncer les méfaits d’une telle orientation et le flou que cela instaure sur la vision industrielle d’AREVA, cela ajouté à la volonté affichée de la filialisation des mines qui seraient, elles, probablement mises en Bourse.

L’acceptabilité du nucléaire par l’opinion publique et sa pérennité en France et dans le monde ne peuvent qu’être conditionnées des plus hautes exigences de sûreté et de sécurité, dégagées du joug de profits juteux de courts termes, et sous contrôle étatique.

Les événements actuels du Japon concernant un seul acteur, nous démontrent l’effet dominos et les suites dévastatrices sur l’ensemble des opérateurs mondiaux du secteur nucléaire, engendrant une dégringolade boursière immédiate desquelles découleront indubitablement des conséquences industrielles, économiques et sociales incommensurables.

La CGT votera contre ce projet de résolution.