Accord VERTS-PARTI SOCIALISTE Un accord pour éviter un réel débat ?

mardi 22 novembre 2011
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L’accord conclu le 15 Novembre 2011 entre le parti socialiste et Europe Ecologie Les Verts (EELV) sur l’énergie fixe l’arrêt du Nucléaire par la « fermeture progressive » de 24 réacteurs, avec un arrêt immédiat de la centrale de Fessenheim ainsi que l’arrêt de nouveau projet de réacteur. Il
programme aussi « la reconversion à emploi constant » de la filière retraitement et de fabrication du MOX.

Pourquoi vouloir éviter le débat ?

Bizarrement, ces deux formations politiques qui viennent de s’illustrer par une nouveauté démocratique que représente la mise en place de « primaires » ayant comme volonté le débat, la confrontation d’idée et la consultation de la population, décident en petit comité de l’avenir
industriel de notre pays et du sort de dizaines de milliers de salariés, sans même les consulter, en fuyant le moindre débat sur un dossier d’importance pour l’avenir industriel et social de notre pays.

Sont-ils si peu surs de leur analyse et de leur projet, qu’ils tiennent à éviter toute confrontation d’idées sur des données objectives ?

Le secteur énergétique de notre pays est important pour un pays développé comme la France.
Chaque décision, chaque nouvelle orientation à des conséquences non seulement pour les industries du secteur mais aussi pour l’eLa CGT AREVA va mettre en oeuvre des rencontres avec l’ensemble des élus politiques sur les lieux d’implantation de nos entreprises ainsi qu’au niveau national. Nous n’avons pas peur d’un réel débat.nsemble de l’acticité économique du pays. Les syndicats CGT d’AREVA non quant à eux pas peur du débat…

Un accord grave pour la sécurité du Nucléaire en France ?

L’accord de mandature conclu entre ces deux partis politiques comporte non seulement des inepties mais des décisions graves pour l’avenir et la sécurité des installations Nucléaire en France.
Nous prendrons pour cela deux points de cet accord :

  1. l’arrêt de tout nouveau projet de réacteur. Cette proposition aura pour conséquences de fragiliser la sécurité des réacteurs actuels. En effet, la recherche sur de nouveaux réacteurs permet de maintenir des équipes et des compétences qui améliorent au quotidien la sécurité des réacteurs en cours d’exploitation. L’arrêt de nouveau projet stoppera l’attrait d’une filière technique pour bon nombre d’étudiants et une disparition à court terme des compétences.
  2. la fin du retraitement. Le dogme écologique est si sûLa CGT AREVA va mettre en oeuvre des rencontres avec l’ensemble des élus politiques sur les lieux d’implantation de nos entreprises ainsi qu’au niveau national. Nous n’avons pas peur d’un réel débat.r de son affaire qu’il préfère exiger une double peine dans ce secteur. Vouloir à la fois l’arrêt de la filière retraitement et l’arrêt du MOX, tout en annonçant la fermeture des réacteurs « moxables » c’est exiger deux fois la même chose. C’est surtout valider l’idée du stockage des combustibles usés incluant ainsi les risques et les difficultés que connaissent des pays qui comme les Etats Unis n’ont pas fait le choix du retraitement.

Il est irresponsable d’exiger des mesures qui auront comme conséquences de baisser le niveau de sûreté de l’industrie Nucléaire.

La CGT l’a toujours martelé, le travail dans la sérénité, et la place de l’homme dans la mise en oeuvre de l’activité nucléaire, sont des éléments centraux de la sûreté des installations. Un tel accord, dans la mesure où il fait l’économie de la consultation des premiers concernés, les salariés, nie cette dimension humaine dans le travail. Pire, qui peut croire un instant que les salariés travailleront dans la sérénité, avec l’épée de damoclès de la fin de leur activité suspendue au dessus de leur tête ?

Dogme antinucléaire et dogme libéral même combat ?

La CGT combat depuis des années, la volonté libérale de nos directions et de notre actionnaire (l’état) qui veulent appliquer à l’industrie Nucléaire les mêmes critères de rentabilités que celles appliqués dans l’ensemble du monde industriel.

La lettre de mission faite par le Ministre de l’Economie et des Finances au nouveau président d’AREVA lui demandant une rentabilité accrue de notre groupe équivaut à mettre en péril notre industrie aussi surement que les obsessions écologiques.

Le recours à la sous-traitance, la diminution des effectifs de production, la recherche du profit et la mise en concurrence permanente, la baisse de l’effort de recherche sont des éléments qui ne sont pas de nature à consolider notre entreprise.

La CGT, comme elle l’a toujours affirmé, est opposée à un nucléaire libéral tournée vers une rentabilité à court terme. Le nucléaire étant une industrie à cycle économique long, il est aisé de comprendre que les antinucléaires ont tout intérêt à s’appuyer sur

Une CGT de proposition et de débat ?

Les syndicats CGT d’AREVA ne se laisseront pas museler dans une caricature unique sur une seule volonté de défense de l’emploi avec une vision de « Nucléropate » comme veulent le faire croire les tenants de l’arrêt du Nucléaire.

Loin d’un accord de salon initié par ces deux partis politique, et loin d’une volonté de libéralisme de l’activité énergétique dans ce pays, nous voulons oeuvrer à un réel débat sur les propositions et leurs conséquences sur le mode de production d’énergie dans notre pays pour les 30 prochaines années.

Nous n’opposons par principe aucun mode d’énergie mais nous voulons être force de proposition dans la réflexion d’un mix énergétique prenant en compte les réalités industrielles et sociales de notre pays.

Nous n’avons [nous] aucun tabou, ni monopole sur ce sujet, mais les salariés de notre pays méritent plus qu’un accord pour des fauteuils à l’assemblée nationale.

Enfin, cet accord « oubli » que c’est le peuple qui décidera de son prochain président de la république et que c’est encore le peuple qui décidera de sa représentation à l’assemblée nationale…

La CGT AREVA va mettre en oeuvre des rencontres avec l’ensemble des élus politiques sur les lieux d’implantation de nos entreprises ainsi qu’au niveau national. Nous n’avons pas peur d’un réel débat.

Paris le 17 Novembre 2011