Quel accord Collectif d’entreprise pour la SET ?

Les intentions ne sont pas bonnes, l’intervention des salariés est nécessaire
samedi 27 octobre 2007
par  Coordonnateur
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Comme à son habitude AREVA négocie. En l’espèce s’agissant du futur statut des salariés de la SET, remplaçante d’EURODIF à terme, elle tente d’imposer ses conceptions d’un nouvel ordre social plus favorable au profit des actionnaires.

« LAISSEZ NOUS LE METTRE EN PLACE », vous verrez bien après c’est par ce leit motiv que la direction entend emporter l’approbation des négociateurs salariés du futur contrat collectif applicable aux salariés de la SET (future usine d’enrichissement du Tricastin).

Enjeux : Garantir, dés l’accueil des salariés appelés à gréer la future usine, un socle de droits négociés.
Cible : Les actuels salariés des entreprises EURODIF, AREVA NC, COMURHEX, qui doivent renoncer à leurs accords et conventions d’origine en passant à la SET du fait de l’arrêt progressif de leurs productions ou des réorganisations de process et structures.
Risque : pour l’entreprise essuyer un conflit social avant même le démarrage de la nouvelle usine, bloquer le processus de transformation du site. Pour les salariés perdre leurs droits actuels en matère de rémunèration, régimes de travail, reconnaissance des pénibilités et droits associés à la retraite.

2 points étaient en négociation

1. Un régime de travail atypique cumulant toutes les pénibilités et inconvénients.
Ce régime soumet les salariés à de fréquents changements de rythme biologique, ce qui risque d’engendrer de la fatigue supplémentaire, même si le nombre de postes de nuits est diminué.
Ce 7x8x2x8 ardemment défendu par la direction, serait promu par le chef des services de médecine du travail AREVA et conforme avec une directive Européenne sur la réduction des pénibilités. Sic...
Il n’a jamais été éprouvé dans le groupe et aucun retour d’expérience n’est présenté. D’après la direction, ce régime de travail réduirait considérablement la pénibilité du travail posté et la supprimerait même totalement.

A partir de ce postulat est niée l’existence de pénibilités dans la nouvelle usine, donc la reconaissance et la compensation de celles ci. De même le maintien des droits acquis dans les emplois antérieurs qui seront eux liquidés au départ de l’entreprise d’origine (sous quelle forme ?)

Le principe présenté.
• Les activités d’exploitation en 5x8 (pour les équipes du moment)
• Les autres activités pouvant être différées, en2x8 (pour les équipes du moment)

Leur seul argument : « LAISSEZ NOUS LE METTRE EN PLACE ».
« Il sera toujours possible d’en changer si les salariés le souhaitent ».
A ce stade de la négociation (4éme séance) cela donne un aperçu de l’avenir qu’ils nous préparent.

La vérité est toute autre
En toile de fond, la suppression et la disparition du TB6*, DG3*, IG 119* pour tous les futurs salariés de SET , jeunes ou vieux, qu’ils viennent du groupe Aréva, de la BUA (STMI ESI, GADS etc.), ou hors du groupe et de l’ANPE. avec * les régimes existants de reconnaissance des pénibilités et qui ouvrent droit à retraite anticipée.

A Travail égal, rémunération inégale, traitement inégal, mais pénibilité et fatigue égale ;

  • Le principe de rémunération du forfait Service Continu est hiérarchisé, il représenterait 30% du salaire de base plus ancienneté.
  • Gréer les équipes d’exploitation uniquement en Service Continu 5 ou 7 équipes, renforcées par des équipes en 2x8 nécessiterait la création de plusieurs postes. Ils n’en veulent pas, même au détriment des conditions de travail des salariés !
  • L’organisation imposée exige également de la poly compétence comme de la polyvalence afin de pouvoir tenir un large éventail de postes de travail avec un seul salarié. Avec des équipes grées au minimum, le risque est grand d’avoir recours à des remplacements ou renforts le weekend, nuits et jours fériés, (même s’ils s’en défendent). Cela n’est pas prévu…. Sauf aléas.

Il n’est rien avancé en terme de reconnaissance, grille salariale et descriptif de poste, tout ça se fera au salaire d’embauche.

2. La protection sociale

S’il restait encore un quelconque timide espoir d’entendre enfin une bonne nouvelle en fin de séance, le cynisme des propositions concernant le régime de prévoyance santé nous à ramené les pieds sur terre.
Le régime sera financé à 50/50 par SET et le salarié (à hauteur de 3% du salaire environ).
Rien n’est dit sur les éventuels et futurs relèvements de cotisation qui ne manqueront pas d’intervenir lors de chaque plan de redressement de la Sécurité Sociale.
Même si les prises en charge semblent meilleures que dans nos contrats actuels, c’est cher payé au regard de ce qui existe à Eurodif ou la protection sociale est prise à 100% par l’employeur.

Le mot de la fin est, mais…« LAISSEZ NOUS LE METTRE EN PLACE, il sera toujours temps de rediscuter ensuite avec les OS de SET.

Pour la CGT, l’avenir se construit aujourd’hui avec les salariés.


Pour inciter les salariés à quitter leurs entreprises d’origine pour la SET il est porté à la négociation dans chaque entreprise concernée un accord dit passerelle. Une telle méthode ne laisse reposer l’harmonisation des garanties de passage à leur plus haut niveau que sur l’instauration de rapports de forces. Les construire ensemble est le défi à relever.