Les archives CGT de la Tour : le retour des pingouins !

vendredi 26 février 2016
par  Mutos
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Attention, cet article n’est pas comme les autres...

En effet, grâce à Annick, récente retraitée qui a pris le temps de les scanner, voilà une partie de la mémoire syndicale de la Tour AREVA, en l’occurence le début de l’année 1999.

D’autres pans de souvenirs reviendront certainement égayer notre site, mais aussi montrer la coupable constance de l’Etat et de la direction dans leur orientation néolibérale, car comme on dit, perseverare diabolicum est !

Alors, (re)plongez-vous dans 1999 et (re)découvrez les pingouins qui ont tant amusé la Tour Framatome après la diffusion de ces voeux-là, fort peu distrayants pourtant en eux-mêmes !

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Vu de 2016 avec le recul...

Sans chemise-zeu... sans pantalon...

En Janvier de cette année-là, dans la Tour Framatome et les sites de province, on écoutait de distants voeux en provenance d’un studio de télé enfoui on ne sait où. Peut-être l’Arctique, avait émis quelqu’un... D’où la joyeuse bande de pingouins qui a ponctué ce semestre et dont les anciens se souviendront avec plaisir.

Il faut dire que ’98 s’était achevée par des conflits sur plusieurs fronts : 35 heures, NAO, réorganisations inquiétantes qui avaient fait monter une grosse colère chez les salariés des Services. Ceux-ci avaient même offert à la tour une petite visite. Craignant une incursion lors de la grand-messe des vœux ’99, l’entourage du pédégé d’alors, M.Vignon, lui avait conseillé de les enregistrer dans un studio extérieur. Bel exemple de fusion avec les salariés.

C’est vrai que, côté dialogue social, on aurait pu faire mieux. Les NAO étaient déjà de 0.6% après la grande purge de ’92 et les 35h pouvaient avoir un goût sucré ou amer selon le rapport de force que les salariés et leur syndicats parvenaient à instaurer avec la direction. Dans le contexte, l’effet de serre faisait parler de lui depuis déjà quelques années, accompagné de son petit frère, le trou de la couche d’ozone, et le nucléaire était déjà pressenti comme un atout pour aider à les combattre. Tiens, au passage, la CGT parlait déjà des 32h en 4 jours. Actuel, non ?

La mixité était elle aussi en discussion. Peut-être a-t-elle progressé en 15 ans ? Chez les salariés ordinaires, certainement. Mais le plafond de verre est toujours là, comme en témoigne aujourd’hui la quasi-absence de préfiguraTRICES...

Les Nouveaux Moyens de Communication, que la direction acronymisait en NMC, arrivaient et nous analysions leur utilisation probable, qui comme celle de tout outil, peut libérer ou entraver les travailleurs. Ah, tant que l’on parle performances, les plans de charge sous-estimés pour faire partir des salariés et mieux pressurer ceux qui restent, la direction savait déjà faire en ’99. Le plan de performance de l’époque se nommait Cap Progrés et avait de curieuses ressemblances avec les autres maillons de la chaîne d’austérité qui relie le PSE de ’92 et le PDV de 2016.

Ah, tiens, une différence... on ne parlait pas d’OL3. Pas encore. Mais ça va venir. Attendez juste que l’on retrouve les tracts où l’on avertissait la direction sur le sujet. Où l’on exposait des idées farfelues. Du style, demander aux techos leur avis sur les conditions de mise en œuvre de ce contrat, ou encore cesser de se vanter d’avoir piqué la maitrise d’œuvre, et aux juristes comment on pouvait blinder un contrat....

Au fait... Les méthodes de management plus innovantes les unes que les autres ne remplacent pas un VRAI dialogue social. Peut-être notre M.Vignon d’alors aurait-il dû expliquer au hérache de Goodyear comment, en ce mois de Janvier ’99, lui avait sauvé sa chemise en appliquant le « Courage fuyons » quand le dialogue social était en panne ?

Bref, vous l’aurez compris, par la peine que l’on vous rejoue le « on vous l’avait bien dit ». En l’absence de Winston Smith pour réécrire l’histoire, chacun peut comparer et se faire son opinion. Une p’tite morale quand même ? Malheureusement, les directions sont toujours plus enclines à écouter les sirènes court-termistes que les Cassandre syndicales. Enfin, tout dépend du nombre de syndiqués, réfléchissez-y !