En toute irresponsabilité sociale, ils veulent encore délocaliser

Le CE débuté le 22, confirme malgré une expertise favorable, la volonté de la direction
dimanche 25 novembre 2007
par  Coordonnateur
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Le 17 septembre 2007 la direction annonçait la fermeture du site lors d’un Comité d’Etablissement. Ses motifs annoncés étaient l’absence de rentabilité du site, où les effectifs étaient en réduction depuis 8 ans et où quasiment aucun investissement n’avait été fait dans la même période. AREVA nouveau propriétaire sur ordre du « sauveur d’ALSTOM » a continué sur cette lancée tout en nommant une direction chargée d’améliorer la rentabilité et la productivité de l’usine. AREVA a même procédé à la recapitalisation de cet établissement filiale à hauteur de 13 millions d’euros il y a deux ans, une action donc en pure perte compte tenu du choix présent de la direction.

Les efforts des salariés et la croissance du marché – de l’ordre de 6% l’an – ont cependant permis un redressement spectaculaire de l’usine, dont le déficit a été ramené de date à date 2006/2007 de 1 million 200 mille euros à 120 mille euros. Cet effort de redressement n’est pas achevé et reste encore prometteur.
Pourtant la direction annonce la fermeture, la justifiant par de « bonnes raisons économiques ».

A la première des questions vous fermez l’usine, cela signifie-t-il que les produits qui y étaient fabriqués seront retirés de la gamme AREVA TD, la réponse de la direction est non.

A la deuxième question quel est le gain escompté de cette fermeture, quel impact cela aura-t-il sur les résultats du groupe, sur la ligne de produit, la direction se garde de répondre. Quel est donc alors l’intérêt de fermer Montrouge, de surcroît quand on se prétend socialement responsable ?

A la troisième question comment se fait-il que l’établissement de Montrouge semble assumer seuls certains des coûts de support de la ligne de produit transfos de mesure du Groupe, y compris de ceux fabriqués à l’étranger, la réponse est : tout le monde contribue à travers son chiffre d’affaires, Montrouge est soumis à la même règle. Sachant que ces coûts représentent 35% des charges de structure de l’établissement et échappent à sa gestion, on ne s’y prendrait pas autrement pour couler la barque.

A la quatrième question pourquoi n’est-il rien entrepris pour augmenter le volume de production à Montrouge, alors que c’est le meilleur moyen d’amortir les coûts fixes et revenir à la rentabilité, ce que ni les signes du marché en croissance, ni l’effet de concurrence ne pourrait contredire, la réponse est nous avons décidé de fermer parce que c’est économiquement justifié.

A la cinquième question pourquoi l’investissement est quasi nul à Montrouge, et s’élève en Allemagne à plus de 2,9 millions d’euros qui s’ajoutent aux 34 millions d’euros du coût d’acquisition, la réponse signifie la fin de Montrouge au profit des nouvelles usines.

Pourtant une étude rigoureuse des experts les contredit.

Reçue par le directeur AREVA TD France, la délégation des représentants des salariés de l’établissement s’est heurtée à une direction intraitable qui reconnaissant la validité et le sérieux de l’expertise, en refuse les conclusions et les perspectives. Les choix seraient faits et irrévocables, même la perspective d’une mise à l’essai de trois ans – pour la durée restante du bail avec le propriétaire du site soit trois ans – afin de valider ou invalider les solutions avancées pour le retour à la complète profitabilité du site est refusée.

Le seul motif de fermeture est : AREVA veut délocaliser !!!

Quelques éléments économiques, eux aussi, plaident plutôt pour le maintien de l’usine et de la production à Montrouge.

Areva TD Montrouge a la meilleure productivité du Groupe sur la ligne de produit.

Areva TD Montrouge n’est pas parvenu au terme de sa démarche d’amélioration de productivité et a encore des marges de progression à en attendre, le redressement opéré en un an le confirme.

Areva TD Montrouge peut accroître sa rentabilité par une augmentation du volume de commande et/ou une diversification de gamme concevable à travers une autre répartition du travail au sein des unités de la ligne de produit.

Areva TD Montrouge doit également bénéficier de commandes pour l’export, qui ne peuvent être réservées aux seuls autres sites à l’étranger.

Areva TD Montrouge peut bénéficier des avantages d’une politique de réduction des coûts d’achat des matières premières et composants du fait de l’élargissement des capacités du groupe sur la ligne de produit, plus favorable à la négociation des achats.

Le groupe peut recalculer ses clés de répartition des frais de drapeaux, des contributions de structure, pour les rendre supportables dans la période de redressement.

Enfin le groupe AREVA doit assurer par la solidarité en France, sa responsabilité sociale et de développement durable.

Les salariés ont fait, eux, la plus grande part de l’effort dans les années écoulées, et ils n’ont que subi les erreurs de management, de gestion, ainsi que les aléas passés du marché des équipements électriques. A la direction maintenant d’accepter l’effort du redressement et d’y consacrer les moyens.

A l’heure où la reprise du marché se confirme avec un taux de progression de 6 à 8% l’an, il est indécent de fermer une unité en France, la dernière Unité Industrielle AREVA en Ile-de-France.

Les « stratèges d’AREVA » s’étaient bien trompés dans le dégraissage des effectifs des usines AREVA TD en France il y a deux ans, une fois de plus ils se tromperaient en fermant Montrouge.

Pour que Montrouge vive, qu’il subsiste de l’emploi industriel en Ile-de-France, que leur vie ne soit pas une galère, les salariés sont en lutte sur leur site 24 heures sur 24, à partir du lundi 26 novembre. Soyez nombreux à soutenir les 89 de Montrouge.


Mails de soutien à : ce.areva.montrouge@free.fr
Contacts : Patrick Appiah 0637626932 DS ; Laurent Roussel 0603035774 DSC ; Alain Roumier 0632635443 Coordinateur CGT Groupe AREVA