Le futur accord d’entreprise pour la SET (Société d’Enrichissement du Tricastin) est encore indigent

Il faut négocier encore
mercredi 5 décembre 2007
par  Coordonnateur
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« L’accord SET », un Contrat Social dégradé, pour l’usine du futur
A terme, les garanties collectives des Entreprises
du site sont en danger

Le futur accord d’entreprise de la SET est porté à la signature le 10 décembre 2007.
En dépit des critiques et demandes des organisations syndicales, la direction est restée sourde et maintient son projet que vous pouvez vous procurer auprès de votre syndicat. Si des avancées sont écrites en matière de droit syndical, ce qui est le minimum pour permettre l’instauration et la continuité du dialogue social, des dispositions sociales essentielles pour tous les salariés manquent à cet accord. Ce sont ces manques qui interdisent pour l’heure à la CGT d’envisager de porter sa signature.

Qu’attendons‐nous d’un accord social qui va marquer le futur de chaque entreprise sur le Bassin ?

Il faut identifier les métiers qui seront réalisés pour les reconnaître, or ils ne nous ont pas été présentés. En premier lieu et de ce fait, manquent les grilles de qualification pour les métiers exercés et les seuils minimaux de salaire associés. Comment croire qu’à la SET tout le monde sera ou technicien ou ouvrier ?

Le texte qui nous est soumis comme les propos qui nous ont été tenus pendant la négociation, laissent paraître une polyvalence totale de tous, ce qui est impossible.

L’accord SET ne prévoit pas, en outre, de salaire minimum d’embauche ce qui revient à rendre possible l’emploi de salariés payés au niveau du SMIC et au mieux aux seuils minimas de la convention collective départementale de la Métallurgie du Vaucluse. Pour exemple chez AREVA NC le seuil minimum est supérieur à 1500 euros et la convention applicable celle de la Métallurgie de la Région Parisienne, beaucoup plus favorable. Ce qui ne s’applique pas aujourd’hui deviendrait la norme pour les embauches extérieures.

L’accord SET sous couvert de recruter au sein des entreprises du groupe au niveau des salaires annuels perçus antérieurement, induit des disparités salariales importantes à niveau de qualifications, d’expériences et de
compétences identiques. Cette dispersion salariale préexiste entre nos différentes entreprises mais nous la retrouverions demain à SET au sein des équipes de travail (à métier identique) avec des écarts encore plus
grands. L’accord aurait pu permettre de remédier à des situations injustes, en mettant les salariés qui travailleront en équipe sur des bases relationnelles saines au sein de la nouvelle société.

L’accord SET porte également, par son silence sur les politiques de rémunérations et son absence de référentiel, l’affirmation de l’individualisation salariale qui est une volonté forte du groupe AREVA. Cela existe
déjà chez AREVA TD et AREVA NP. Pas de commission de recours pour les avancements annuels ou le suivi des déroulements de carrière, non plus. Voilà qui n’est pas pour favoriser l’esprit d’équipe.

Si la nouvelle usine est « l’avenir de l’Enrichissement », il s’agit de celui des actionnaires pas des salariés.
Dés l’enquête publique AREVA avait osé laisser entendre une continuité sociale et un progrès. C’est tout l’inverse qui se profile. On fonce avec l’accord SET vers un management à l’américaine et la constitution
d’une référence locale rétrograde.
Ce qui sera perdu à SET aujourd’hui le sera pour tous demain.

Il n’y a pas de raison au recul social, à la perte des acquis.
Le projet SET et de la nouvelle plateforme chimie du groupe, se construit sur des gains.
Gains sur la masse salariale avec la fonte naturelle des effectifs et la nouvelle organisation des sociétés. Les entreprises historiques du site auront perdu plus de 1200 salariés. L’accroissement du volant de précarité
prévu est lui aussi un gain pour les entreprises.

Gains du fait de la perte des avantages TB6, DG3, CFC pour les salariés allant à SET.

Gains sur les achats d’électricité, gains sur tous les achats.

Gains sur les impôts et taxes en diminution du fait de l’arrêt de certaines installations, et de cadeaux fiscaux.

Gains sur l’organisation du travail entre les sociétés du fait des prêts de mains d’oeuvre si l’accord GPEC le permettait.

Gains enfin sur la valeur commerciale de nos produits qui connaîtront une demande accrue et donc un prix en
hausse.
C’est pour cela que le Tricastin du futur est quasiment autofinancé.

Notre avenir social ne peut se construire sur les pertes des salariés.

C’est pourtant ce qui se négociera dans les accords dits passerelles où les conditions de rachat de la perte de vos droits acquis seront évaluées à l’aune du rapport de force et de l’unité que nous serons capables de manifester.
Ce sera une opération à un coup qui, si elle répond à des besoins financiers immédiats, ne répondra pas à la dégradation des conditions de travail, à ses effets sur nos santés, sur la qualité de nos vies.
Sans attendre vous devez poser sereinement les conditions du débat pour porter vos exigences. Oui il faut y aller tous ensemble. Un large débat doit s’organiser aves les organisations syndicales du Tricastin, des assemblées de personnel se tenir sur le site et en ville pour rétablir la vérité face aux mensonges d’AREVA.

Enfin il faut faire ajourner l’exigence de la signature del’accord SET qui, en l’état, serait une hypothèque sur l’avenir de nos propres contrats collectifs.
Seul un accord SET de haut niveau vous permettra de consolider améliorer et renforcer vos garanties collectives comme les conventions d’entreprise dans chaque établissement, nous devons le conquérir ensemble, car nous sommes
tous concernés.