Les gestes d’ouverture et d’apaisement se sont révélés être une duperie

Le gouvernement fait sienne les théses d’AREVA sur le motif de fermeture
jeudi 31 janvier 2008
par  Coordonnateur
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Les salariés se sont invités ce 30 janvier au siège d’AREVA. Au Sénat comme à l’Assemblée nationale auparavant, le gouvernement en cette période pré électorale veut hâter la fin du conflit. Les réponses aux questions des députés communistes éludent le fond. Faut-il fermer Montrouge, quel en est le coût industriel et humain, sont reportées sur une possible extinction du conflit dont l’intervention gouvernementale serait le seul objet.

Une cinquantaine de salariés de Montrouge s’est invitée au siège d’AREVA rue la Fayette, aprés que la direction d’établissement ait campé non sans provocation sur son intransigeance dans les mesures de fin de conflit.

C’est en souhaitant une oreille plus attentive et pour tenter de débloquer une situation, dont de toute évidence l’était par la direction du groupe, que les salariés ont forcé pour la première fois la grille symbolique d’un pouvoir apparemment en vacances.

Une discussion s’est engagée avec la directrice de la politique sociale groupe, et la DRH de AREVA TD. Pour être moins « virile » que leur directeur d’établissement, la direction n’en a que campé sur les positions arrêtées au sommet de l’entreprise AREVA TD.

Aprés 6 heures de discussion interrompues de pauses plus tactiques que de réflexion sur les propositions, la direction devait en fin d’aprés midi produire un texte soumis à quasi ultimatum à la délégation des grévistes.

Ce texte qui doit être présenté le 31 janvier à l’assemblée du personnel, est l’expression d’une demande patronale. En effet les grévistes seraient contraints pour percevoir les primes compensatoires de devoir travailler en moindre effectif, dans des conditions de sécurité, morales et techniques dégradées pour satisfaire les exigences de plannings quantitatives et qualitatives établies par la seule direction. Peu des propositions d’amendement formelles formulées par les grévistes ont étés retenues.

Pire la direction AREVA TD se voulant plus avisée que la DRH du groupe AREVA, en vue d’en tirer le satisfecit public et politique (politicien) d’en finir avec un conflit qui fait tache, aurait souhaité - ainsi qu’écrit dans le texte - qu’il soit validé avant le 31 janvier à 7 h 45.

L’avancée consentie consiste en un relévement de la prime réclamée qui subitement se verrait portée de 160 à 250 euros par mois à compter du 1er février et jusqu’au 31 août 2008. Cette somme toute virtuelle - qui a pris 10 jours de conflit pour émerger - engage le groupe à fixer en concertation avec le CE les critères d’objectifs et laisse supposer qu’elle sera effectivement versée.

Restent que doivent être également discutés des points essentiels dans les conditions de fermeture et qui eux n’ont pas été anticipés. AREVA qui se targue de l’existence d’un accord GPEC Groupe, n’a dans sa besace que 19 postes en région parisienne, le reste se fera à l’inspiration, sauf si les salriés continuent à maintenir la pression.

Nous apprenions également que même les ingénieurs avaient dû se chercher par eux mêmes leurs solutions de reclassement, encore faut-il préciser que celles qu’ils avaient trouvées n’ont pas été jugées satisfaisantes par la direction. Gâchis social, humain et industriel sont le fruit de l’impéritie de ces gestions sophistiquées plus financières que socialement responsables.

A Montrouge l’assemblée du personnel tranchera, il est sûr que quels que soient les choix de l’assemblée les graines de la rancoeur semées par la direction resteront vivaces. Aucune rationnalité, aucun raisonnement humain ne peut s’accommoder du parti pris de destruction pris par le groupe.

En France et en Ile de France alors que les millions issus du labeur peuvent s’évaporer en peu de temps, que l’industrie nécessaire aux hommes et femmes de ce pays fout le camp, toute résistance au nouvel ordre établi est un devoir, une obligation morale, une engagement de développement durable.

D’autres étapes seront à négocier, une autre état d’esprit devra prévaloir pour offrir à chaque salarié un reclassement digne au sein du groupe en premier lieu. Rattrapper ce qui n’a jamais été fait en matière de formation et de reconnaissance est dû à chaque salarié, quelqu’en soit le prix. AREVA le paiera t-elle, les syndicats du groupe y seront attentifs et la qualité du « dialogue social » en est conditionnée.

NON A LA FERMETURE DE MONTROUGE.


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