La CGT AREVA NC réclame une autre négociation

les prévisions alarmantes pour le pouvoir d’achat maintiennent l’exigence.
mardi 25 mars 2008
par  Coordonnateur
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L’accord salarial 2008 signé par l’ensemble des organisations syndicales sauf la CFE/CGC et la CGT ne permet pas de maintenir le pouvoir d’achat, la preuve ...

1,08% de pouvoir d’achat perdus pour la seule année 2007 !!!
L’inflation 2007 selon l’indice INSEE est de 2,88% (avec une inflation sous-évaluée par l’INSEE), la perte du pouvoir d’achat des salaires AREVA NC sera de 1,08% pour cette seule année 2007.
La direction est restée inflexible face à notre argumentation. Pourtant notre revendication de 3,5% avec un talon à 70€ était légitime en 2007. Avec des négociations qui commencent en novembre et en ne proposant que 2% au titre des augmentations générales, la direction savait pertinemment que la hausse des prix dépasserait largement la barre des 2% notamment avec la hausse du pétrole en fin d’année.

Déjà, on parle d’une hausse qui pourrait dépasser les 4% en 2008.

On s’oriente donc vers une nouvelle baisse du pouvoir d’achat cette année !!! Cette perte pourrait être bien supérieure en 2008 au regard des prix qui se sont envolés entre novembre 2007 et janvier 2008. Selon un dossier de 60 millions de consommateurs, dans cette même période, 200 références sur 1055 références dans cinq grandes enseignes affichent une flambée supérieure à 10%, la hausse sur certains produits atteignant jusqu’à 48%.
Ce sont en particulier les produits laitiers, les céréales et les pâtes qui subissent les hausses de matières, mais ce sont surtout les intermédiaires et fournisseurs qui profitent de la situation pour augmenter leur marge au passage !!!

Sans versement d’intéressement en 2008, certains salariés sont doublement pénalisés.
Les salariés d’AREVA NC seront donc à nouveau pénalisés après l’intéressement nul en 2008 ; la direction n’a pas voulu trouver d’alternatives pour les salariés qui ne le plaçaient pas et sur lequel ils comptaient. Pour ceux qui ne peuvent le placer du fait d’un petit salaire ou d’un seul revenu dans la famille, l’intéressement permettait de faire des petits travaux à la maison, de réparer la voiture ou tout simplement de combler un endettement. Et c’est en 2008 qu’ils en avaient besoin et non en 2013 !!! Mais cela, nos directions ont du mal à le comprendre, rétorquant que même en touchant plus, on n’était toujours pas content.

Ainsi, en deux ans (2007 et 2008), la direction aura effacé l’accord salarial de 2005 (70€ uniforme pour tous). Pire, la politique salariale vers laquelle AREVA NC voudrait se diriger, telle l’individualisation des salaires ou les salaires au mérite avec les bonus pour les cadres qui peuvent atteindre trois mois de traitement, tourne le dos à ce qui se passe dans les autres entreprises françaises !!!

En effet, le journal les Echos du 05 mars 2008 évoque le retour durable des augmentations générales en rognant sur l’enveloppe des augmentations inLes entreprises accordent davantage d’augmentations générales en raison de la poussée inflationniste, mais aussi d’une remise en cause des vertus supposées des hausses purement individuelles.

Les négociations salariales de cette année marquent le retour des augmentations générales. AXA, PSA, Air France, Renault : tour à tour, les grandes entreprises, mais aussi de nombreuses PME, ont fait le choix de rogner l’enveloppe des augmentations individuelles pour saupoudrer les hausses de salaires.
Après une décennie d’individualisation croissante des rémunérations, la conjoncture explique en partie ce changement. Dans un contexte de poussée inflationniste et de tension sociale, « il est impossible de demander à certains salariés d’attendre un an avant de voir leur salaire progresser », expliquent en privé nombre de DRH.
dividuelles dans les entreprises françaises.
Mais le phénomène répond aussi à des évolutions plus structurelles. « On sent la problématique monter depuis deux ans. Après avoir développé de nombreuses formes de rémunération variable, les entreprises constatent que les résultats ne sont pas aussi bons qu’escomptés », explique Eric Wuithier, directeur associé au sein du cabinet Towers Perrin. Notamment parce que les objectifs individuels sont souvent mal définis, trop facilement atteignables ou irréalistes (voire contradictoire), et que certains salariés sont lassés de la course à la performance et de la perte d’esprit d’équipe. « On se rend compte qu’on a été trop loin dans l’individualisation, qui en privilégie certains au détriment du plus grand nombre », constate Bernard Brunhes, vice-président de BPI (Conseil).

Les entreprises commencent à corriger le tir. Les primes variables
purement individuelles laissent notamment place « à des primes plus collectives, basées sur le résultat d’une équipe ou d’un projet », note Eric Wuithier, qui estime que « le retour des augmentations générales, limitées mais régulières, devrait se confirmer pour les non-cadres ces prochaines années ».

La question des cadres
Reste à savoir si le phénomène gagnera aussi les cadres. Les bons résultats enregistrés encore récemment par les grands groupes ont permis aux employeurs de leur distribuer des primes variables et de l’intéressement assez conséquent pour leur faire accepter la stagnation de leur salaire fixe. Mais si les performances des entreprises s’inversaient, limitant ainsi les bonus versés, il est fort à parier qu’à leur tour les cadres exigeront de redécouvrir les charmes des augmentations générales. DP
Les Echos 5 Mars 2008

Réaffirmer la priorité du salaire
Il s’agit tout d’abord de réaffirmer la place centrale du salaire, fondée sur la reconnaissance de la qualification, le salaire est aussi un salaire « socialisé » qui fonde la protection sociale du salarié (assurance maladie, retraites, prévoyance). C’est le socle des garanties collectives qu’il est indispensable de préserver, face aux tentatives de le substituer par l’épargne salariale (participation, intéressement). Toutes ces mesures, aussi séduisantes qu’elles puissent paraître en terme de pouvoir d’achat à court terme, ne peuvent conduire qu’à remplacer la notion de salaire par la notion plus globale de rémunération, avec les effets pervers que l’on connait :

 pas d’effet mémoire de ces rémunérations annexes au salaire, contrairement au salaire qui continue à « faire des petits » tout au long de la carrière,

 pas de cotisations sociales sur ces rémunérations annexes, ce qui risque, à terme, de mettre en péril les systèmes de retraite et de santé.

Des résultats favorables à une nouvelle donne sociale !

AREVA vient de communiquer ses résultats. La CGT ne peut que se féliciter avec les salariés des résultats auxquels ils ont contribué dans l’ensemble du groupe. e résultats sont en croissance de 14,5% à 743 millions d’euros de bénéfice net, avec un chiffres d’affaires de 11923 millions d’euros contre 10863 en 2006, un carnet de commande en hausse significative +55,4% porté à 39864 millions d’euros au global.

Vers une autre politique salariale
Pour la CGT, la politique salariale et une véritable négociation avec les organisations syndicales devraient permettre de maintenir le pouvoir d’achat des salariés sur la base d’un indice négocié, dans le cadre des augmentations générales de salaire.

Les augmentations individuelles doivent pour leur part rémunérer la technicité, l’expérience, la formation.

La CGT vient de demander l’ouverture de nouvelle négociation salariale pour négocier un avenant à l’accord salarial 2008 avant la fin du 1er semestre.


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