Passage au procédé COEX : un train de retard ou un train d’avance ?

La direction doit répondre aux questions.
lundi 31 mars 2008
par  Coordonnateur
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Il est de plus en plus évident que la conjonction de l’augmentation du prix des énergies fossiles et de la pression sur les ressources en uranium naturel rendent le traitement recyclage de plus en plus compétitif. C’est une position que la CGT, à tous les niveaux, défend depuis très longtemps. Le nucléaire est une énergie récente, qui n’a pas encore exploré toutes ses possibilités d’applications industrielles. AREVA, avec la Hague, dispose d’un outil unique au monde, par sa taille et par la manière dont il a su évoluer vers la performance technologique.

Cet outil, porteur d’avenir pour l’ensemble du cycle du combustible ne doit plus être considéré sous le seul angle des coûts, (que ce soit pour AREVA ou EDF d’ailleurs...) mais comme un atout, un tremplin vers l’avenir, véritable
« mine d’énergie » contribuant à la sécurisation de l’accès aux ressources et à leur valorisation.

Suivre les évolutions technologiques du procédé sera par conséquent une nécessité, que ce soit du point de vue de la compétitivité économique ou de celui des exigences de non prolifération, qui prennent de plus en plus de place dans la définition des politiques de l’énergie.
Les salariés ont hissé le traitement recyclage à la Hague en modèle que de plus en plus de pays envisagent de suivre, y compris ceux qui juraient naguère que le nucléaire en général et le retraitement en particulier n’étaient plus une option envisageable.

Serait-il cohérent que la Hague en reste à la génération précédente Alors qu’AREVA compte vendre le procédé COEX à l’étranger et que les réacteurs de génération IV tireront parti de toutes les matières valorisables ?

Ne pas évoluer, c’est limiter l’offre ! Si le procédé COEX n’implique pas de saut technologique majeur, les adaptations de l’outil et les financements associés ne seront certes pas négligeables. C’est le type de projet qui se prépare dès maintenant et s’accommode mal d’une microgestion.

La Direction Générale a laissé filtrer d’éventuels projets de fabrication de combustibles GIV * sur le site, ce dont nous ne pouvons que nous féliciter.

La question centrale reste de savoir comment la Hague abordera cette mutation.
A quelles échéances ?
Avec quelles technologies ?
Avec quels financements ?
Dans quelles conditions d’exploitations ?
Avec quelles contraintes réglementaires ?

Et, pour nous, en portant quelles exigences sociales ?
Que ce soit au niveau national ou local, la CGT tiendra toute sa place dans le débat, comme elle l’a toujours fait.

Pour se projeter dans l’avenir il faut un niveau d’information adéquaten premier lieu : synthèse de l’audit EDF
Décomposition des coûts du cycle aval
Projets de R&D
Etudes de faisabilité du procédé COEX sur l’Etablissement
Profitabilité de l’URT par rapport à l’uranium naturel compte tenu de l’envolée des cours de l’uranium ;
Définition du coeur de métier et politique de sous-traitance ;
Mesures prises pour maintenir la Hague à un niveau technologique lui permettant de fonctionner dans la durée et budgets associés.

  • URT : uranium de retraitement issu de la Hague
  • GIV : réacteur de génération 4