La CGT exige le sérieux et le respect des salariés

Une réunion s’est tenue le 20 mars entre la CGT EDF et la CGT AREVA
mardi 1er avril 2008
par  Coordonnateur
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Les syndicats CGT d’EDF et d’AREVA (NC, MELOX, US CGT AREVA) se sont rencontrés le 20 mars afin de faire le point sur les négociations en cours dans le domaine du traitement recyclage des combustibles, dont AREVA est le fournisseur principal d’EDF.

Le chantage à l’activité opéré pour la deuxième année consécutive par EDF à travers son refus de livrer le Pu à l’usine MELOX à Marcoule dans le Gard, l’immixion d’EDF dans les comptes de l’établissement de La Hague assortie de l’exigence d’une réduction de 30% des prix, attestent de la dégradation des relations entre les deux entreprises, supportée par les salariés.

Dans une lettre en réponse au syndicat de Melox, Thierry Breton - alors ministre de l’économie – disait le 11 mai 2007 que : « les pouvoirs publics n’ont pas vocation à s’immiscer dans ces discussions, le volet commercial des contenus étant du ressort exclusif des sociétés ».

2008, autre ministre même irresponsabilité ? En tout cas les mêmes salariés sont soumis à la modération salariale, menacés de chômage technique et doivent accomplir des prodiges pour continuer à opérer en sûreté et sécurité. L’Etat, actionnaire principal, réclame à chacune des entreprises une rentabilité minimum de 10%.
Aucune action n’est intentée pour une autre répartition des profits de l’électricité entre les acteurs qui concourent à la produire, seule règne en cascade « la dictature des Achats ».

L’accord transitoire, portant jusqu’en 2009, révélé à la presse ce 20 mars, fait planer le doute sur la visibilité industrielle et économique de l’activité dans la durée, d’autant qu’il paraît être le résultat d’une manœuvre qui ne résout rien sur le fond. Dissuasion ultime employée par AREVA : la menace de traiter prioritairement les matières à destination du Japon et qui aurait pu entraîner un retard pour EDF, a fait céder EDF dans sa volonté de rétention du Pu stocké.

Cette quasi logique de « dissuasion atomique » entre deux groupes qui se doivent - jusqu’à présent - l’un à l’autre leur pérennité et leur capacité industrielle, traduit une transposition des logiques libérales à un domaine où stabilité, durée et confiance sont essentiels. Toutes choses que l’actionnariat public et les missions de service publics en découlant devraient interdire.

Pour la CGT, il est clair que les positions adoptées par les deux groupes sont les prémisses d’une situation plus dégradée et plus dérégulée. Les conceptions affirmées par les deux groupes esquissent le marché nucléaire émergent sur le plan mondial comme « une jungle où tous les coups seraient permis » et dont les effets seraient dévastateurs. Ces risques sont la conséquence directe de la dérégulation et de la déréglementation des marchés de l’énergie en Europe.
Avant même d’arriver à une situation de tout marché, et de concurrence internationale exacerbée, nos industries ne seraient pas en capacité de mettre en œuvre le défi de nouvelles technologies et d’affronter les mutations industrielles indispensables. Les salariés comme les usagers en pâtiraient. A cet égard la CGT demande le retour à un partenariat des deux groupes, un arbitrage de l’Etat.

Le désaccord porterait sur les prix d’AREVA en traitement recyclage, dont le coût habituel ne représente que 1,2 €/MW soit 2% du prix du MW.
Les demandes d’AREVA refusées par EDF ne représenteraient elles que 0,2% d’augmentation de prix pour EDF. Ce qui porterait la part du combustible dans le MW produit à 2,2%.


Voir le communiqué de la FNME CGT en pièce jointe


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