rupture du contrat de confiance avec les Organisation Syndicales

application minimaliste de l’accord…
jeudi 3 avril 2008
par  Coordonnateur
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Comme le laissaient présager les premiers éléments à notre connaissance suite à la remise des feuilles d’avancement, la Direction s’est contentée d’une application stricte et surtout minimaliste de l’accord salarial qu’elle avait signé - avec l’ensemble des organisations syndicales - fin décembre 2007.
Par là-même, elle rompt le contrat de confiance qui s’était instaurée avec ces mêmes organisations syndicales. Celles-ci, dont la CGT, avaient en effet pris le parti de croire dans les bonnes intentions de la DRH qui ne souhaitait pas afficher des mesures trop ambitieuses (cadrage AREVA oblige, qu’on se le dise…) mais se disait prête à « faire l’effort » par le biais de mesures annexes affichées dans l’accord mais pas de manière quantifiée : mesures hommes/femmes (annoncées à hauteur de 0,1% de la masse salariale, le double des années antérieures !), promotions (annoncées à hauteur de 0,2%), et également des mesures spécifiques complémentaires pour les jeunes prévues à mi-année (juillet 2008). Sans parler de la réévaluation des tarifs cantine, de la mise à plat de la note relative aux missions longue durée, etc.

Sur la base de ces engagements, ajoutés aux 1,7% de mesures collectives (avec un talon à 50€) et aux 2,0% de mesures C’est individuelles, que l’ensemble des organisations syndicales a signé l’accord proposé fin 2007... Hélas, et comme c’était à craindre, la DRH n’a une nouvelle fois pas honoré les engagements qu’elle avait pris. Les Organisations Syndicales, CGT en tête, se sentent trompées. Mais quel mépris pour les salariés qui attendaient tant de ces mesures salariales, en cette période particulièrement faste - carnet de commandes, chiffre d’affaires, rentabilité, etc. - pour l’entreprise et tellement dure pour leur pouvoir d’achat !

Les avancements 2008 en chiffres…

 1,73% au titre des mesures collectives, dont 0,03% lié au talon. Ce qui semble bien faible quand on sait que ce talon concernait tous les salariés ayant un salaire inférieur à 2900€ bruts mensuels.

 2,00% au titre des mesures individuelles : rien de plus que l’accord, au contraire des années antérieures où la Direction « lâchait » quelques centièmes de pourtant…

 Seulement 0,06% de la masse salariale au titre des mesures hommes/femmes, autant que les autres années et surtout moitié moins que la politique volontariste affichée en négociation. Mme la Présidente d’AREVA appréciera… Surtout, les bénéficiaires ne sont pas connues… et ne savent pas qu’elles ont bénéficié de ces mesures ! Ce qui nous pousse à croire que ces mesures ont en fait été appliquées en substitution des mesures salariales « normales ». Ce qui est certain, c’est que ces mesures ne permettent aucunement de solder le passif des nombreuses salariées victimes de discriminations dans le passé (embauche au rabais, maternité, congé parental, temps partiels, etc.).

 Seulement 0,15% au titre des promotions, mais toujours aucune précision quant à la définition et au d’une promotion et au nombre d’entre elles. En grattant un peu le vernis, il apparaît que ces 0,15% semblent se limiter aux passages cadres (seulement 3 cette année, malgré beaucoup de promesses des managers) et à quelques « repositionnements« , fruit d‘une politique d‘embauche passée désastreuse.
Mais quid des promotions ? Visiblement, et contrairement à l’accord signé, l’ensemble des promotions ont été prises sur l’enveloppe des avancements individuels. En d’autres termes, ce sont les autres salariés qui se sont « cotisés » pour payer la promotion de leurs collègues !

 Enfin, en ce qui concerne les futures mesures « jeunes », la Direction annonce 0,15% mais ne donne pas plus de précisions quant aux bénéficiaires. Si ce n’est qu’ils auront moins de 32 ans… Il y a tout à craindre pour les personnels concernés, dont beaucoup n’auront droit à rien alors qu’ils n’ont déjà pas eu grand chose (un avancement « moyen » en % appliqué sur un « petit » salaire). Est-ce de cette façon que la Direction entend motiver les jeunes pour relever les défis de demain ?

D’autres éléments ressortent de ce bilan des avancements et confirment le malaise ressenti par les salariés et le sentiment global d‘injustice et d’inéquité :

 Différentiel IC/ETAM : un nouveau record est atteint cette année avec un différentiel de 0,36% (3,68% en moyenne pour les ETAM et 4,04% pour les ingénieurs et cadres). Et encore, heureusement qu‘il y avait un talon (50€) ! Sans quoi, le différentiel approcherait les 0,5%. La DRH est peut être nostalgique de la lutte des classes mais il est grand temps qu’elle comprenne que les ETAM contribuent autant que les IC à la réussite des projets et à la performance globale de l’entreprise.
 Différentiel H/F : les femmes ont eu en moyenne un avancement meilleur que celui des hommes… mais en intégrant certes les mesures H/F. En ne les prenant pas en compte, rien ne prouve que ce soit encore le cas et de toute façon, cela ne suffit pas à gommer les disparités de salaires existantes dans la société et que la politique d’embauche actuelle ne fait qu‘accroître.
 Changement de classification : seulement 13% en 2008, ce qui fait qu’en moyenne, un salarié reste 8 ans dans la même classification… Un record ! Et ce, alors même que les salariés AREVA TA sont déjà globalement sous-classifiés par rapport à leur réel niveau de responsabilité. L’ascenseur social fonctionne au ralenti à TA, avec la « bénédiction » de la DRH.
 Evolution des salaires moyens par catégorie : les statistiques salariales par catégorie parlent d’elles mêmes. On s’aperçoit ainsi que les cadres dirigeants - toujours plus nombreux - voient leur salaire moyen augmenter de 5,1% entre 2007 et 2008. Ce qui représente quand même une augmentation mensuelle moyenne de l‘ordre de 400€… hors part variable (20% environ du salaire). Alors que dans le même temps, les autres cadres ne voient leur salaire évoluer que de 1,7%… et les ETAM de seulement 3,4%. En d’autres termes, il existe bien à TA une caste de privilégiés, embauchés à prix d’or et engraissés d’année en année… sur le dos des autres !

Pour conclure…

Ces avancements 2008 auraient du être ceux de la reconnaissance des efforts consentis ces dernières années par les salariés pour faire face à la surcharge et aux défis futurs de TA. Le tout, dans un environnement AREVA particulièrement exigeant en terme de rentabilité malgré une activité majoritairement monopolistique (la PN) où les budgets sont de plus en plus contraints.

Ces avancements auraient également dû être ceux de l’objectivation du travail avec la mise en œuvre de nouveaux outils d‘évaluation et l‘arrivée de nouveaux managers. Hélas, le résultat n’est une nouvelle fois pas à la hauteur, la faute (entre autres…) à des managers qui ne prennent toujours pas leurs responsabilités pour expliquer aux salariés leur mauvais avancement.

Au final, et alors que le gâteau n’avait jamais été aussi gros depuis 3 ans, les avancements 2008 ont créé un mécontentement inégalé parmi les salariés. De plus, le chaos dans lequel s’est déroulé le processus d’avancement (retard dans l‘application des mesures et dans la distribution des feuilles) n‘a fait qu‘accroître le malaise... Et la DRH en porte l’entière responsabilité.

La CGT n’entend pas en rester là et compte bien demander à la DRH et à la Direction Générale les explications qui font toujours défaut à ce jour. Duper les organisations syndicales, c’est hélas une pratique classique pour une DRH. Mais se moquer ouvertement de plus de 1100 salariés, c’est une nouveauté à TA, nouveauté qui compromet durablement le dialogue social à TA et qui risque tôt ou tard de mettre en péril l’entreprise. Mais peut être est ce là le seul objectif de notre Direction : faire imploser TA pour mieux répondre demain aux aspirations