Halte aux spéculations sur AREVA

La position des syndicats du Groupe
mardi 9 octobre 2007
par  Coordonnateur
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AREVA est le leader mondial incontesté du Nucléaire du fait d’être notamment une entreprise intégrée permettant des offres et solutions globales en matière d’énergie. AREVA maîtrise, le cycle nucléaire de l’Amont à l’aval pour le combustible, la construction des Réacteurs et les Services associés, la Propulsion Navale Nucléaire. AREVA offre des produits et services pour le Transport et la Distribution de l’électricité ainsi que des équipements et prestations diversifiées dans les énergies sans Co2, Eolien, Biomasse…

Sa situation économique et financière est solide, bonne, avec un faible ratio d’endettement.
Ses perspectives industrielles, commerciales sont réelles et très prometteuses face à l’énorme marché mondial en croissance soutenue, rapide.
Le regain d’attrait mondial pour la production d’électricité d’origine nucléaire résulte d’une véritable prise de conscience des populations et des gouvernements de la planète. La place du Nucléaire est essentielle pour la constitution des bouquets énergétiques des nations.
Chaque Etat cherche à acquérir ou conserver une maîtrise énergétique substantielle afin de s’affranchir des instabilités géopolitiques et profiter des avantages environnementaux d’une énergie produite sans CO2.
C’est dans ce contexte qu’AREVA entreprise à 95% publique opère.

Aujourd’hui, ni sa raison sociale, ni son mode de gouvernance, ni sa stratégie, ni sa capacité financière ou encore ses prévisions de résultats, ne nécessitent une quelconque intervention urgente de la Présidence de la République en vue d’ouvrir ou privatiser son capital, voire découper le groupe.
AREVA capitalise à ce jour un carnet de commande sur ses propres savoirs faire à partir de son périmètre industriel complètement intégré, à l’exception notable du savoir faire d’architecte ensemblier, dont les compétences sont plutôt chez EDF. AREVA assume aujourd’hui des surcoûts conjoncturels dans la construction de l’EPR Finlandais qui n’entachent et n’entacheront en rien l’avenir du Groupe.

Face aux différents arguments invoqués pour faire « évoluer » l’Entreprise il est bon de rappeler :
• Que rien n’interdit à AREVA d’associer des partenaires industriels à des appels d’offres et moins encore de constituer des consortiums, des coentreprises sur tel ou tel projet, c’est déjà le cas pour certains grands projets (Flamanville).
• L’exemple judicieux d’association avec Mitsubishi pour la création d’un réacteur nucléaire commun de 1000 Mw de troisième génération le confirme. Cela permettra d’élargir sa gamme commerciale afin de répondre aux besoins énergétiques de grandes métropoles mondiales.
Pour la CGT, le périmètre actuel d’AREVA, de chacune de ses composantes, a prouvé son efficacité et tient sur des fondations solides. Une évolution de ce périmètre de capital par un mariage forcé décidé en secret, dicté par la seule spéculation n’offre pas en soi de garanties sur :
• La bonne maîtrise des activités industrielles stratégiques, la gestion de l’emploi, une évolution positive des conditions de travail.

Toute action sur le capital d’AREVA ne devrait conduire qu’à apporter des capitaux supplémentaires pour développer des projets industriels créateurs d’emplois. Tout stratagème en vue d’un détournement des fonds propres d’AREVA de leur objet, affaiblirait l’entreprise face à ses enjeux de développement. En aucun cas il ne pourrait être ouvert un droit de ponction de dividendes qui ne serait pas assorti d’une forte capitalisation préalable.

Le caractère public d’AREVA, créée avec l’argent des citoyens rappelons-le, offre la garantie du Gouvernement sur les activités. Cela a une grande importance pour l’export mais également pour la gouvernance même de cette entreprise. De plus certaines activités, notamment celles liées à la défense se verraient mises en cause dans un montage hasardeux. Enfin le caractère majoritairement public permet et induit un adossement pérenne à l’organisme de recherche Français qu’est le CEA. Ce dernier en dégage une réelle lisibilité quant à ses programmes et besoins de financements.

AREVA depuis sa création a généré plus de 2,6 milliards d’euros de profits, elle s’est vue ponctionnée de 2,7 milliards, soit 104% du total de ses profits par l’Etat français, qui lui, n’a reversé que 40% au CEA sur cette même période. A cet égard la privatisation d’AREVA mettrait encore plus le CEA en difficulté, alors même que son financement ne serait pas garanti et qu’un partenariat stratégique durable est impératif.

La CGT AREVA rappelle que la décision d’ouverture du capital d’AREVA avait été refusée par le gouvernement Villepin en 2005, sur la base d’argumentations qui n’ont pas évolué d’un pouce à ce jour. Toute évolution contraire à ces garanties sera combattue par la CGT.

La CGT AREVA repousse toute volonté libérale, qui dans un marché florissant pousserait à la privatisation du Groupe AREVA. De plus, les activités du nucléaire ne sont pas compatibles avec l’attente de rentabilités de court terme, aux aléas boursiers.

S’agissant de la réponse aux besoins nationaux et mondiaux, il n’y a pas lieu de bouger les lignes de souveraineté de la nation sur l’entreprise. De multiples formes partenariales public/privé peuvent être conçues sans spolier les citoyens et satisfaire aux besoins de notre pays pour, et par, l’emploi et la croissance.

L’importance des enjeux, face au flou des projets présidentiels, réclame du temps, un véritable débat national et un positionnement des représentants du peuple.


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