Dans le bulletin « trAnsVERsAle » de Septembre 2008

Bons résultats et salaires, incidents socatri, délocalisation et temps de temps de travil
samedi 6 septembre 2008
par  Coordonnateur
popularité : 30%

Carnet de commandes (au 30.06) 38 123 +13,6%,
Chiffre d’affaires publié 6 168 +14,8%,
Résultat opérationnel 539 +332 M€,
ROP / CA (%) 8,7% +4,8 pts,
Résultat net part du groupe 760 +465 M€
Résultat net par action 21,45€ +13,14€

Cela traduit l’excellent travail du premier semestre, l’année n’est pas finie.
Nos feuilles de paie 2008 n’en porteront pas traces. Nos demandes de renégociations salariales ont toutes été refusées, on ne reparlera pas salaire ! Sauf si vous en décidiez autrement. La CGT a partout proposé à ses homologues des interventions communes. Des chiffres si encourageants
laisseraient augurer de bons intéressements et de bonnes participations, cela pourraient être vrai, pas pour tous…
Toutes les entreprises du groupe n’ont pas les mêmes résultats, si TA et NC se maintiennent bien, si TD est une « pépite » dans la production de tels chiffres, NP chargé de promesses subit les choix de gestion et les aléas du premier EPR.
Pourtant partout on travaille dur, ce qui rendrait légitime le calcul de la participation au niveau groupe. N’en déplaise aux égoïstes, la CGT assume sa solidarité. Qui refuserait ce supplément de beurre pour les épinards dans cinq ans ? C’est le moment où le gouvernement qui, après avoir fait le cadeau fiscal de 15 milliards d’euros à ses plus « chers » amis, veut financer
le Revenu de Solidarité Active par une taxe pouvant aller jusqu’à 5% sur ce revenu du travail transformé en capital. Il en attend 1,5 milliard d’euros. Cette mesure résulte d’une exploration des « niches fiscales » des salariés. Les auteurs du rapport avaient rangés dans la « niche » les participations aux frais de cantines, les aides des CE, et toutes les exonérations propres à l’exercice d’un travail salarié, on l’a échappé belle. Pour combien de temps ?

C’est le MEDEF qui n’en démord pas, pas prêt à retourner à la niche.
Autre idée à bas bruit dont personne ne démord il faut faire « évoluer le capital d’AREVA », les uns dans les starting-blocks de l’actionnariat salarié (bientôt taxé), les barons de la finance en embuscade (Alstom, Bouygues et même Total qui fait sa pub sur le nucléaire), le public « investisseur » en attente de rente serait prêt. Au ministère nous dit-on « rien est joué »…

Les incidents de l’été à Tricastin, qui révèlent les dérives de la gestion libérale de nos industries, n’entameraient aucune spéculation. Le nucléaire est une valeur sûre, il est incontournable pour satisfaire aux besoins de l’humanité. C’est en milliards que se comptent les privés d’électricité. Autant de raison pour rendre, et garantir, le nucléaire acceptable et sûr ! Le trouble des riverains, des salariés est manifeste. C’est une raison de revendiquer, avec la CGT, les investissements, les formations, les exercices de sécurité et faire aboutir la loi Transparence et Sécurité Nucléaire sur leurs droits.

Chez TD, principal artisan du résultat d’AREVA, l’investissement dans les usines et les acquisitions à l’étranger résonnent amèrement. On ne fabrique plus de transformateurs de mesure en France, il ne subsiste aucune installation AREVA industrielle de production en Ile-de-France. Les hommes et femmes de Montrouge souffriront du déracinement dans le meilleur des cas.
Nous laissons en cette rentrée la parole à notre présidente : « Après plus de 20 réunions de négociation, nous avons élaboré un plan de sauvegarde de l’emploi ouvert sur l’accompagnement et la formation des salariés dans leur projet professionnel. Les principales dispositions de ce plan consistent à favoriser la mobilité interne au sein du groupe Areva...Le projet prévoit également de proposer aux salariés les plus âgés de retrouver un maintien dans une activité sociale valorisante »

Sur un air de déja vu, 23 salariés sur 89 sont reclassés dans le groupe, Montrouge est fermé depuis le 31 août. Au même moment les constructeurs automobiles annoncent leur intention de licencier, le tissu industriel de l’Ile-de-France se réduit comme peau de chagrin. Le même discours est tenu partout, le patronat est socialement responsable, industriellement coupable. C’est le développement du râble de l’actionnaire.

L’actionnaire n’en a jamais assez, « il faut travailler plus pour gagner plus », la chasse aux 35 heures est ouverte depuis le début des congés. Tous ceux soumis au forfait jours et d’autres à venir, pourraient être contraints de travailler 235 jours ! Les revues sociales regorgent d’études accablantes
sur le stress, dont la principale cause serait l’autonomisation dans le travail,
la culture du résultat assumée soit individuellement ou dans la compétition entre équipes. Voilà une forte incitation à repenser nos rapports au travail et nos solidarités donc à franchir le pas syndical.

Les bons chiffres ne dispensent ni des revendications, ni des luttes, le faire
ensemble dans l’atelier, le bureau, l’établissement, l’entreprise et le groupe, c’est ce que la CGT peut concrétiser avec vous tous.