N’ACCEPTONS PAS L’INACCEPTABLE

Juste une impression…………….
lundi 29 septembre 2008
par  Coordonnateur
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Lors du CE d’août et alors que les élus CGT multipliaient les exemples de situations très graves liées aux conditions de travail, notre directeur avait indiqué que pour lui « la situation s’améliorait »…(voir tract du 08/09/08)
Lors du CCE du 17 septembre à Lyon, après que les élus CGT aient fait part, exemples à l’appui, d’une dégradation sans précédent des conditions de travail, c’est cette fois le patron de T&D SA, qui s’adressant à la CGT lâchait, nous citons : « c’est juste une impression… »

Juste une impression…………….
Ainsi lorsque des élus CGT retrouvent un salarié prostré dans sa voiture n’osant pas entrer dans l’usine il s’agit d’une impression.
Quand un matin nous trouvons une salariée en pleure effondrée sur son bureau il s’agit d’une impression.
Quand des salariés reçoivent des lettres recommandées qui leur indiquent qu’il faut qu’ils aillent travailler dans un autre service ou à un autre poste et nous les font parvenir il s’agit d’une impression.
Quand un salarié blessé est accompagné aux urgences par un représentant de la direction afin de faire pression sur le médecin il s’agit d’une impression.
Quand certains (nous ne les mettons pas tous dans le même panier) responsables fustigent et mettent la pression sur les salariés qui se rendent à l’infirmerie et font noter leur passage sur le registre de l’infirmerie il s’agit d’une impression.
Quand le rapport médical fait état depuis plusieurs années, et cela ne cesse de s’accentuer, d’une véritable explosion des pathologies psychiques et psychiatriques il s’agit d’une impression.

Toujours une impression les brûlures sur les visages et les mains des salariés de l’atelier de St Cyr que les élus CGT ont rencontré. Blessures qui n’apparaissent sur aucun registre puisqu’il s’agit « d’impressions »…
Encore une impression quand un salarié de St Cyr fait un malaise grave, que les pompiers interviennent et qu’il n’est fait nulle part référence à cette intervention…

Impression de nos élus quand de jeunes embauchés viennent les trouver parce qu’ils reçoivent des courriers les culpabilisant suite à des blessures ayant nécessité des soins à l’infirmerie.
Pour votre info sachez que les élus CGT au CHSCT ont constaté par exemple à la lecture du registre d’infirmerie qu’il n’y avait eu aucun bon de soins sur une durée de 14 jours consécutifs...(« record » en cours).
Ce qui dans une entreprise comme la notre est tout simplement impossible à moins…à moins que les salariés qui souffrent de « légères blessures » ne se soignent aux mêmes…comme c’est le cas d’ailleurs.

Donc à écouter la direction les élus CGT seraient victimes d’hallucinations répétés.
Soit, mais le problème pour cette même direction c’est qu’il semble que le nombre de personnes souffrant de ces hallucinations soit de plus en plus important.

Il y a une dizaine de jours l’infirmière courageusement a brisé cette loi du silence. Les propos qu’elle a tenu confirment le malaise que tout le monde perçoit et corroborent tout ce que notre organisation avance depuis des mois.

Toujours lors du CCE du 17/09 la direction générale a confirmé la mise en place dans certains établissements d’une cellule d’écoute psychologique.
Mâcon est un des 4 sites pilotes de la division et le seul site de production…Bizarre pour un site qui selon notre patron va mieux…et dans lequel les élus CGT fabulent… A moins que tout compte fait la situation ne soit pas si bonne que la direction veuille bien le dire.
En fait la direction est tout à fait consciente du problème.
Pour cause elle en est l’instigatrice par ses choix de management et de production.
Elle sait que nous sommes au bord de l’implosion, que les situations individuelles dramatiques vont se multiplier.
Que le mal vivre au travail va en concerner un nombre sans cesse grandissant d’entres nous.
Alors elle manœuvre et créée ces « fameuses cellules » dans lequel vous trouverez :
Une infirmière, un(e) psychologue, un médecin, mais aussi…un représentant des Ressources Humaines en la qualité de la chef du personnel elle-même ! Bien sur aucun représentant du personnel n’est invité à intégrer cette cellule…
Imaginez d’ici la scène : Vous avez reçu une lettre vous indiquant que vous n’étiez plus capable d’assurer à votre poste actuel, vous « craquez », « pétez » un plomb, déprimez ?
Pas de problème, allez dans la cellule et expliquez votre malaise à…la RH qui justement vous a envoyé ce courrier, elle vous aidera…à trouver un autre boulot et vous dira que vous devez laisser votre stress chez vous…
En psychologie on doit appeler cela « le syndrome de Stockholm ».
Vous savez quand la victime éprouve de la compassion pour son bourreau et tortionnaire…

Autre élément qui peut également expliquer le choix de Mâcon ou en tout cas et c’est peut être le plus grave donne une légitimité à la direction : Le fait qu’un des syndicats du site (ce n’est pas nous), aient clairement demandé à la direction la mise en place d’une telle structure…
Ceux qui ont de la mémoire doivent s’en souvenir, la CGT avait tenté de convaincre cette organisation des risques d’une telle demande, malheureusement sans succès…
Ce positionnement explique aussi probablement pourquoi la CGT est pour l’instant la seule organisation à aller dans le sens d’une demande d’ouverture de négociations (voir plus bas).

Pour la CGT le rôle de cette cellule c’est de :

  • Juguler le malaise du salarié en vase clos afin d’éviter que les syndicats aient connaissance des cas et qu’ainsi le problème individuel ne se transforme pas en action collective.
  • Faire accepter au salarié sa situation et le convaincre que le malaise qu’il vit est avant tout la résultante de difficultés « extérieures »(le débat du CCE est très éclairant en la matière).
  • Se couvrir en cas de drame…
  • Et au passage se donner une « bonne image » d’un groupe qui « prend soin de ses salariés ».

Pour notre organisation la situation est grave, très grave même.
Mais elle est tout sauf surprenante. Il y a maintenant plus de 3 ans que nous avons constaté une nette dégradation du climat dans l’usine et que nous avons demandé à maintes reprises l’ouverture de discussions sérieuses entre la direction locale et les 3 syndicats du site sur le sujet.
Sur ce point et malgré l’accélération ces 6 derniers mois des dégradations des conditions de travail de l’ensemble du personnel toutes catégories confondues, nous constatons avec regrets que pour l’instant nous n’avons pas été soutenus dans notre démarche.

Nous pensons qu’il n’y a plus de temps à perdre.
Chaque jour le pire est à redouter, et chaque jour qui passe par peur, par fatalité, par lâcheté aussi peut être, nous fermons les yeux et nous taisons. Nous acceptons davantage individuellement et collectivement l’inacceptable.

Pourtant sur le sujet la direction est en grande difficulté.
A chaque fois que nous avons abordé ce sujet nous avons mis la direction en grandes difficultés. Nous pensons très sincèrement que nous pouvons la contraindre à accepter des discussions sérieuses à condition que l’ensemble du personnel s’empare du problème, que le rapport de force franchisse une étape et que les démarches et interventions de notre organisation soient soutenues par le plus grand nombre.

Nous avons besoin de vous.
Nous sommes tous concernés de l’ouvrier au cadre, de l’embauché à l’intérimaire, et aucun d’entres nous n’est à l’abri.

Franchir une étape dans la construction du rapport de force c’est que nous vous proposons.

SOUTENEZ NOTRE DEMANDE D’OUVERTURE DE NEGOCIATIONS
SIGNEZ MASSIVEMENT LA PETITION
QUE NOUS ALLONS VOUS PROPOSER LA SEMAINE PROCHAINE
ENSEMBLE EXIGEONS D’ETRE RESPECTES
REVENDIQUONS NOTRE DROIT A LA DIGNITE
N’ACCEPTONS PAS L’INACCEPTABLE !